W.J.T Mitchell,
Iconologie: image, texte, idéologie,
traduit de l'anglais par Maxime Boidy et Stéphane Roth,
Paris, Les Prairies ordinaires, Coll. "Penser/Croiser", avril 2009.
Collection "Penser/Croiser", dirigée par François Cusset et Rémy Toulouse
Quatrième de couverture:
À la confluence de l'histoire de l'art, de l'esthétique, de la théorie littéraire et des cultural studies, une discipline proprement « inouïe » a vu le jour outre-Atlantique : les visual studies. W.J.T. Mitchell en aura été l'un des principaux instigateurs. Avec son Iconologie, l'auteur nous pousse à considérer l'image en ce qu'elle participe de l'intégralité de la sphère sociale, mais aussi en ce qu'elle empreint toute discipline en son épistémologie même, de la littérature aux sciences, et toute politique, de l'image-making des politiciens à leurs discours – de la « fabrication d'une certaine image » à « l'art de faire croire à la réalité de cette image », disait Hannah Arendt. Mitchell interroge ainsi à la fois la force du discours porté sur les images ou instrumentalisant les images et la performativité de ces discours sur le visible. Ses relectures de Burke, Lessing ou Marx montrent en quoi l'image est le siège d'un pouvoir spécifique, attisant les conflits entre iconophiles et iconoclastes : l'image se meut en fétiche, objet d'orgueil et de vénération, ou devient signe d'un « autre » racial, social ou sexuel, objet d'aversion et de peur. À la recherche d'une théorie critique qui ne se satisferait pas des commodités de l'iconoclasme, Mitchell s'attelle à une déconstruction des idéologies de l'image, une déconstruction qui va jusqu'à reconsidérer l'idée même d'« idéologie ». D'autre part, si l'historicité du regard avait pu être prise en compte par l'histoire de l'art dès le xixe siècle, et si l'on ne saurait aujourd'hui faire l'impasse sur la construction sociale du regard, l'idée d'une construction visuelle de l'idéologie, de la philosophie, du langage et du social en son entier restait à formuler. De cette réflexion découlent plusieurs ouvrages, dont Iconologie forme l'enquête généalogique inaugurale.
W.J.T. MITCHELL est professeur de littérature et d'histoire de l'art à l'université de Chicago. Auteur de nombreux ouvrages au succès international, il dirige également la célèbre revue américaine Critical Inquiry. Iconologie est son premier livre traduit en français.
Sommaire:
Avant-propos :
Indiscipline de l'image, par Maxime Boidy et Stéphane Roth
Préface à l'édition française :
Les quatre concepts fondamentaux de la science de l'image, par W.J.T. Mitchell
Iconologie : image, texte, idéologie
Première partie : L'idée d'imagerie
1. Qu'est-ce qu'une image ?
La famille des images
L'image mentale : une critique wittgensteinienne
Brève histoire de l'imagerie verbale
L'image comme ressemblance
La tyrannie de la peinture
Peindre l'invisible
L'image et le mot
Deuxième partie : Image versus texte. Figures de la différence
2. Images et paragraphes. Nelson Goodman et la grammaire de la différence
Sémiotique et théorie des symboles
Nelson Goodman et la grammaire de la différence
3. Nature et convention. Les illusions de Gombrich
4. L'espace et le temps. Le Laocoon de Lessing et les politiques du genre
5. L'oeil et l'oreille. Edmund Burke et les politiques de la sensibilité
Poésie muette et peinture aveugle
Léonard et la querelle des sens
Bel esprit et jugement : Burke et Locke
Mots sublimes et belles images
La politique comme esthétique : genre et race
Les français et le sublime spéculaire
Les anglais et le sublime verbal
Discours anglais et écriture française
« Les tableaux tragiques de M. Burke » : Réflexions sur la Révolution
Troisième partie : Image et idéologie
6. La rhétorique de l'iconoclasme. Marxisme, idéologie et fétichisme
L'idéologie comme idolâtrie
La camera obscura de l'idéologie
Trois stratégies iconoclastes
Benjamin et l'économie politique de la photographie
Du fantôme au fétiche
Le fétichisme ancien et moderne
La dialectique de l'iconoclasme
* * *
On peut lire sur le site nonfiction.fr un article sur cet ouvrage:
"L'éloquence des images", par A. Roume.
Et sur le site laviedesidees.fr:
"Le pouvoir des images", par F. Brunet.
Joris-Karl Huysmans, Écrits sur la littérature
J.-L. Nancy, L'Adoration, Déconstruction du christianisme (2)
A. Herschberg Pierrot (dir.), Savoirs en récits I. Flaubert : la politique, l'art et l'histoire
M. Yourcenar, Les trente-trois noms de Dieu (rééd.)
E. Vila-Matas, Perdre des théories
J.-P. Martin, Eloge de l'apostat, essai sur la vita nova
A. Schiffrin, L'Argent et les mots
G. Mauger, C. Poliak, B. Pudal, Histoires de lecteurs
E. Marty, Roland Barthes, la littérature et le droit à la mort
J. Porée et G. Vincent (dir.), Paul Ricoeur, la pensée en dialogue
J. Herman et alii (dir.), L'Assiette des fictions. Enquêtes sur l'autoréflexivité romanesque
M. Traversier, Gouverner l'opéra. Une histoire politique de la musique à Naples 1767-1815
R. Pommier, René Girard. Un allumé qui se prend pour un phare
Marcel Proust, Cahier 71 "Dux" (2 vol.)
O. Mirbeau, Les 21 jours d'un neurasthénique
C. Jaquet, Philosophie de l'odorat
E. Dorlin, La Matrice de la race (rééd.)
J.-L. Backès, Le Mythe dans les littératures d'Europe
J.M. Downes, The female Homer: an exploration of women's epic poetry