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- Incompréhension après l'évacuation musclée du rectorat à Orléans
- Appel à témoignage CNRS, jeudi 26 mars - 11h30 et après-midi
- Incompréhension après l'évacuation musclée du rectorat à Orléans
L'évacuation du rectorat par les forces de l'ordre, vendredi après-midi, n'en finit pas de susciter des réactions, tant dans le milieu universitaire que politique et syndical. Rappel des faits. Vendredi midi, après leur assemblée générale, une cinquantaine de professeurs et étudiants de l'université d'Orléans décident d'investir les locaux du rectorat situés rue Saint-Etienne à deux pas de la préfecture. L'occupation pacifique et le face à face courtois entre manifestants et policiers laissent place, en fin d'après-midi, à une évacuation musclée. Bilan : l'arrestation d'un étudiant qui comparaîtra le 9 septembre devant le tribunal correctionnel d'Orléans et une conseillère régionale légèrement choquée.
« Sud éducation Loiret, Sud étudiants Orléans et Sud recherche tiennent à exprimer leur soutien sans réserve à Aurélien (l'étudiant arrêté - ndlr). Ils demandent la levée des poursuites engagées contre Aurélien, bouc émissaire de cette action collective ». Les syndicats s'interrogent également sur « le fait qu'une action non violente ait pu donner lieu à un tel dérapage au moment de l'intervention des forces de l'ordre ».
« Le pouvoir porte donc l'entière responsabilité des diverses "escalades" et violences actuelles. Au lieu de céder sur les revendications majoritaires du monde universitaire, il choisit la violence et la répression », écrit Stéphane Bois, porte-parole du nouveau parti anticapitaliste orléanais dans un autre communiqué adressé aux médias. « C'est bien comme en Guadeloupe un mouvement d'ensemble et généralisé qui le fera céder ou se démettre », conclut-il.
La coordination des personnels et étudiants de l'université d'Orléans et des organismes de recherche, elle, « condamne vivement les brutalités policières survenues lors de l'occupation pacifique du rectorat de l'académie Orléans-Tours ». Elle dénonce « l'interpellation arbitraire d'un étudiant (...) et exige qu'aucune charge ne soit retenue contre lui. Elle constate que « c'est la seule réponse que le gouvernement oppose à huit semaines de mobilisation légitime ».
Au moment de l'évacuation, Micheline Prahecq, conseillère régionale socialiste a été bousculée par un policier. Elle s'en tire avec une grosse frayeur. « Elle est choquée, mais tout va bien pour elle », confirme un proche.
Cette évacuation musclée devrait, paradoxalement, renforcer les opposants à la loi Pécresse dans leur combat entamé début février.
Mourad Guichard
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Appel à témoignage CNRS, jeudi 26 mars - 11h30 et après-midi
Eliane Daphy, Ingénieure CNRS. Syndicaliste SNCS-FSU
11h30-11h40
Dans la rue, 43 rue d'Auteuil, 75016, Paris. Entrée alternative pour le CNRS que les agents ont coutume d'employer, dite par les collègues "petit jardin" ou "au 43" (rue d'Auteuil). La première porte était fermée, la deuxième était bloquée par deux hommes, sans brassard, qui ne disaient rien. Je les ai pris pour des agents privés de sécurité (CNRS). Un agent en uniforme était présent sur le trottoir. Je lui demandé poliment pourquoi ces deux messieurs ne me laissaient pas entrer et qui ils étaient. Un gradé en uniforme était posté un peu plus loin (vers ma gauche), devant la pharmacie. De nombreux collègues étaient présents aux fenêtres du 2e étage, et observaient la scène. Je les ai salués d'une voix forte, en clamant "bonjours, collègues, je suis cnrs, je voudrais rentrer à la maison". S'en sont suivis quelques échanges ludiques théatralisés entre la rue et les collègues. Dans mon souvenir, très bon enfant (en tous cas, pas assez pour me faire embarquer par l'agent de police pour trouble à l'ordre public", il n'y avait pas de public).
Ensuite, deux collègues sont venus dans le jardin, et ont cherché à parlementer avec les deux hommes pour qu'ils me laissent passer. Ils ont obtenu l'autorisation d'un occupant (qui arrivait depuis le fond du jardin), la porte s'est ouverte. Je me suis avancée pour entrer.
Tout s'est passé très rapidement ensuite, sur le moment, je n'ai rien compris. Les hommes bloquant l'entrée se sont avancé, m'ont encerclée, ils m'ont donné deux (ou trois) coups de poing très violents aux seins, rapidement, puis ont sorti des brassards rouge "police". J'ai hurlé "vous me faites mal, vous n'avez pas le droit de me taper". Je leur ai dit "messieurs, vous n'aviez pas le droit de me frapper, je vais porter plainte". Ils m'ont insultée (quelque chose du genre "va te plaindre à tes pédés de collègues, connassse" et "fiche le camp, si on te retrouve on te viole").
Quelques collègues ont-ils pris de photos pendant les échanges rue/choeurs du 2e ? Ont-ils des souvenirs ? Ont-ils constaté que j'avais agressé verbalement ou physiquement ces deux hommes ? Que ces hommes avaient un brassard ? Quand l'ont-ils mis ? Si d'autres faits à porter au dossier, n'hésitez pas.
Hier soir, vendredi 27 mars, le médecin a constaté sur mon bras gauche un gros hématome de 6 x 6 "violet et douloureux" [forme et emplacement prouvant qu'il résulte d'un violent coup de poing, et ne peut être une 'auto-mutilation"], palpations douloureses (sic). Je dois faire des radios du sein et des côtes pour voir si quelque chose de visible (ça fait vraiment mal). Trauma psy et "anxiété post-traumatique", chaque fois qu'on s'approche de moi je sursaute. Cinq jours d'ITT.
Non, je ne vais pas "oublier", ce n'était pas "rien ou pas grand chose" : c'était une agression par des fonctionnaires de police abusant de leurs fonctions. Inacceptable dans un État de Droit. J'ai décidé de porter plainte. Je suis prête à subir les examens de l'Institut médico-judiciaire de l'Hôtel Dieu, les auditions de l'IGS (inspection générale des services).
Je sais que ma plainte sera sans doute classée "sans suite", ce n'est pas une raison pour me taire.
Si ces policiers voyous avaient porté leurs brassards, je n'aurais pas fait le guignol devant eux.
Quelle est la loi dans notre pays ? En réponse à un numéro d'activiste agitprop, deux hommes dans la force de l'âge, entraînés au combat de rue, frappent à la poitrine une femme de 57 ans (et 60 kilos) ? Des vrais coups, bien violents, qui inscrivent leurs traces inscrites sur le corps, et cassent la tête. La violence, ce n'est pas la loi, l'ordre, ce n'est la brutalité.
J'espère que parmi les collègues présents, il y avait des observateurs ayant de la mémoire.
Merci d'avance pour votre solidarité.
Eliane Daphy, Ingénieure CNRS. Syndicaliste SNCS-FSU
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