Mercredi 04 mars: nouvelle occupation de la Sorbonne.
Sur cette page:
- Article sur l'occupation et l'évacuation de la Sorbonne (Rue89, 3 vidéos )
- Communiqué de Sud Étudiant dénonçant les dérives policières
- Un exemple de répression (COMMUNIQUÉ DE PRESSE de l'Assemblée Générale DE l'UFR SCIENCES DU LANGAGE de UNIVERSITÉ DE FRANCHE-COMTÉ)
- Vidéos de l'occupation et de l'évacuation de la Sorbonne sur Dailymotion, Tempsréel.nouvelobs et quartierlatinparis.wordpress.com
- Quelques photos: alexanger.over-blog.com) et citizenside.com
Voir aussi Des collégiens frappés "par erreur" par les CRS, gare Montparnasse (Sud-Ouest, 8/3) et encore Lyon: Violents affrontements à l'occasion de la venue de V. Pécresse (9/3).
-------------
Trois vidéos
La journée de mobilisation a débuté dans l'après-midi de mercredi autour de la Sorbonne, pour se terminer vers 22h00, après une série d'échauffourées entre les forces de l'ordre et des groupes d'étudiants.
Plusieurs centaines d'étudiants et d'enseignants-chercheurs se sont
tout d'abord rassemblés hier à 16h30 autour de la prestigieuse
université parisienne pour former une grande chaîne humaine. Cette
action symbolique visait à réaffirmer leur désaccord face aux réformes
de l'université. (Vidéo1)
De nombreux participants ont ensuite essayé d'entrer dans l'établissement, sans succès, les forces de l'ordre présentes sur place ayant bloqué tous les accès. Plus d'une centaine d'étudiants et quelques professeurs étaient restés à l'intérieur pour occuper l'université, comme Jimmy, étudiant:
"Nous avons décidé de ne pas sortir de la fac pendant la chaîne humaine car nous nous doutions qu'il serait difficile de rentrer ensuite. On avait vu juste. L'occupation de ce soir est prévue depuis 2 semaines sous le nom de code 'soirée chez Régis'.
L'information s'est transmise par mail, dans les couloirs et salles de cours mais nous nous doutions que les policiers seraient au courant. Les contrôles ont été vraiment renforcés depuis la semaine dernière. D'habitude, ils regardent seulement les cartes, en ce moment, ils fouillent tous les sacs."
Benjamine Toussaint, maître de conférences en anglais, a choisi d'occuper l'université avec les étudiants. (Vidéo 2)
Pendant l'occupation, la désorganisation régnait parmi les étudiants. Volonté de rédiger un appel pour réaffirmer leurs revendications, de "redécorer les murs de la fac" ou simplement satisfaction d'avoir réussi à bloquer l'université: les occupants ne sont pas parvenus à trouver une position commune.
"On ne pense pas pouvoir dormir là, la semaine dernière nous avons été mis dehors à 1h00 du matin, on s'attend au même scénario", racontait Julien, visionnaire, en début de soirée.
Vers 19h00, rue Cujas, une vingtaine de gendarmes mobiles dispersent
un groupe d'étudiants bloquant une porte d'un autre bâtiment de
l'université, non sans quelques heurts. (Vidéo 3)
Après avoir évacué les rues adjacentes, les forces de l'ordre sont entrées dans l'université à 21h00, ont encerclé le groupe de manifestants réunis dans la cour et les ont évacués sans incident.
A quelques mètres de là, place du Panthéon, un groupe d'une cinquantaine d'étudiants a investi d'autres bâtiments de l'université. L'évacuation s'est déroulée avec plus de tensions: charges et gaz lacrymogènes ont été de la partie.
Les CRS ont enfoncé la porte de la salle où s'étaient réunis les manifestants avec un bélier et les ont fait sortir, un par un, aux alentours de 22h00. Quelques étudiants racontent avoir été victimes de violence et reçu des coups de matraque.
---------------
Plusieurs centaines d'étudiant-e-s occupent la Sorbonne depuis cet après-midi, et plusieurs centaines de personnes sont en manifestation de soutien place de la Sorbonne. L'Etat a une nouvelle fois fait le choix de répondre par la militarisation des rues alentours, en plaçant plusieurs centaines de policiers. A l'heure actuelle, les occupant-e-s légitimes de l'Université sont ceux et celles qui y travaillent et étudient chaque jour, et non les forces répressives : nous nous opposons à la présence policière sur nos campus !
La semaine passée déjà en province, à Rennes notamment, la police s'était fait remarquer par sa volonté affirmée de « casser du gréviste », frappant à terre certain-e-s manifestant-e-s (plusieurs ont été transportés à l'hôpital). Hier à Paris, alors qu'une petite centaine d'étudiant-e-s sortaient d'une assemblée générale, ils/elles ont eut la désagréable surprise de se faire encercler par une dizaine de fourgons de police pendant plusieurs dizaines de minutes. Aujourd'hui, c'est donc autour de la Sorbonne que nous constatons une nouvelle fois un déploiement grotesque de centaines de polciers.
Le gouvernement transforme donc désormais, sans s'en cacher, la police en bras armée de sa politique. Sarkozy et Fillon, par ces mesures, n'ont plus honte de clamer haut et fort que la police (et l'armée) est leur seule réponse au mouvement social en cours dans les universités.
Face à cela, les étudiant-e-s restent massivement mobilisé-e-s comme le prouvent les assemblées générales depuis le début de la semaines, et les personnels rejettent en bloc les fausses « avancées » proposées par Pécresse. Progressivement, la question de la grève se pose dans l'ensemble du secteur éducatif, et la convergence avec la grève du 19 mars est souhaitable pour tout-e-s.
Dans le même temps, nous n'entendons pas nous résigner face aux dérives policières du gouvernement, et nous multiplierons les actions. Ainsi, si la Sorbonne est occupée depuis cet après-midi, c'est aussi le cas du campus Panthéon-Centre depuis quelques minutes. Et ni les étudiant-e-s ni les personnels n'entendent baisser l'intensité de la mobilisation dans les jours à venir et notamment lors de la journée d'action de demain (jeudi 5), bien au contraire !
-----------------
Autre exemple de dérive policière (Source: Polartblog) :
UNIVERSITÉ DE FRANCHE-COMTÉ
Jeudi 26 février, la manifestation des étudiants et des personnels de l'Université de Franche-Comté protestant contre la destruction du service public d'éducation et de recherche s'est achevée par un sit-in pacifique dans la cour du Rectorat. A cette occasion, un étudiant s'est vu administrer par les forces de l'ordre un violent coup de matraque sur les reins. Le certificat délivré par l'hôpital où s'est rendu le jeune homme atteste de cette agression (tel est le terme utilisé par l'hôpital). Nous condamnons vigoureusement ce recours à la violence et nous déclarons solidaires des étudiants rennais ayant également subi des actes de répression policière.
--------------
Voir aussi Des collégiens frappés "par erreur" par les CRS, gare Montparnasse (Sud-Ouest, 8/3).
Position du Snesup sur la "mastérisation" (mars 2010)
Mastérisation: projet d'arrêté (Cahier des charges FDE). Dossier (mars 2010)
Chantage au financement: Nanterre à l'heure de "l'autonomie" (15/03/10)
L'IUFM de Livry en grève reconductible avec blocage des locaux (mars 2010)
Liste des manifestations, actions et rassemblements du 23 mars 2010 - manif 23 mars
Communiqué de l'intersyndicale de l'ESR : "23 mars, ensemble, privé-public, en grève, manifestons"
Pétition de soutien au jury du CAPES de Lettres classiques (mars 2010)
18 mars 2010: journée de grève et de manifestation de la maternelle à l'université
"Hadopi: la surveillance du web confiée à des sociétés privées" (lemonde.fr, 13/3/10)
AG du 12 mars 2010: Strasbourg, Toulouse, Marseille, Paris
Lettre ouverte du collectif des lycées du Bas-Rhin en lutte (10/03/10)
"Chatel invente le Cercle des poètes absentéistes" - Communiqué de SLU (12/03/10)
Les demandes des universitaires viennois, par C. Denker (SLR 08/03/10)
La DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft) revient à l'évaluation qualitative
La grande mutation. Néolibéralisme et éducation en Europe (I. Bruno, P. Clément, C. Laval)