Fabula, la recherche en littérature (internet)

Autour des inédits de Barthes

Internet

Information publiée le jeudi 22 janvier 2009 par Bérenger Boulay


Sur cette page :

  • La publication d'inédits de Barthes embrase le cercle de ses disciples, par J. Birnbaum (LE MONDE 22.01.09)

  • Roland Barthes ose le cliché, par J. Birnbaum (LE MONDE DES LIVRES 06.02.09)

  • "Une écriture à même la vie", entretien avec M. Macé (LE MONDE DES LIVRES 06.02.09)

À propos de Journal de deuil & Carnets du voyage en Chine.



Lire aussi la réponse d'Olivier Corpet et d'Eric Marty et le billet de P. Assouline sur son blog ainsi que la position du Magazine littéraire, qui, dans son numéro de janvier, propose un dossier "Barthes refait signe" comportant des extraits des deux oeuvres.

Et aussi : Barthes, fragments d'un discours orphelin sur Libération.fr




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Jean Birnbaum :


La publication d'inédits de Barthes embrase le cercle de ses disciples

LE MONDE | 21.01.09 | 15h22 • Mis à jour le 22.01.09 | 11h08

Article paru dans l'édition du 22.01.09.


Dans Soirées de Paris, texte posthume publié en 1987, Roland Barthes (1915-1980) raconte ses errances au coeur de la capitale : les doux hasards et les rendez-vous manqués, l'audace des garçons de café et l'insouciance des gigolos. Il y évoque son éditeur, François Wahl, et ses "accès de solennité et d'affection", qui lui donnent envie de fuir comme un enfant : "Je les redoute toujours, sachant qu'il va parler de moi avec l'intérêt d'un Juge aimant", notait l'auteur des Fragments d'un discours amoureux.

Près de trois décennies après la mort de l'écrivain, François Wahl n'a pas bougé : il aime Barthes et il prétend lui rendre justice. Aussi vient-il d'interrompre sa retraite campagnarde pour fustiger Michel Salzedo, demi-frère et ayant droit de Barthes. Le crime de Salzedo ? Avoir autorisé la publication de deux textes inédits : d'une part, les notes prises par Barthes durant son voyage à travers la Chine, en 1974 (à paraître le 5 février aux éditions Christian Bourgois/IMEC) ; d'autre part, le journal de deuil que Barthes rédigea après la mort de sa mère, entre 1977 et 1979 (à paraître le 5 février aux éditions du Seuil/IMEC).

"ÇA DEVIENT GRAVE..."

Pour Wahl, longtemps responsable des sciences humaines au Seuil, où il fut l'éditeur de Barthes mais aussi de Lacan, il y a là une haute trahison. S'autorisant des confidences que l'écrivain lui auraient faites avant sa mort, il affirme que celui-ci ne voulait absolument pas voir ces textes publiés : "J'étais le premier lecteur de ses manuscrits, il me faisait confiance pour décider ce qui devait être publié, je m'en tiens à ses instructions, confie Wahl. La publication du Journal de deuil l'aurait positivement révolté, en tant qu'elle viole son intimité. Quant aux carnets chinois, il s'agit du type même du texte non écrit, qui était à ses yeux un véritable tabou. Il y avait chez lui un respect absolu de l'écriture et de sa logique propre."

Ce n'est pas la première fois que Wahl part en croisade pour protéger la mémoire du Maître disparu. En 1991, à l'époque où il était encore l'ami de Michel Salzedo, il avait poussé celui-ci à traîner Bernard-Henri Lévy devant les tribunaux. En effet, dans sa revue La Règle du jeu, le philosophe avait publié les extraits d'un cours de Barthes au Collège de France. A la suite de ce procès retentissant, les archives de l'écrivain avaient été confiées à l'institut Mémoires de l'édition contemporaine (IMEC), sous l'égide duquel débuta la publication des séminaires. Jusque-là, pour Wahl, tout allait bien - ou presque : "J'étais déjà réticent pour les séminaires, mais je faisais confiance à Salzedo et à l'IMEC. Après, ça a dérapé, et là, ça devient grave...", souffle-t-il dans une allusion aux prochaines parutions.

Crise d'autorité ? Dépit amoureux ? Dans la communauté des disciples, où chaque texte de Barthes fait l'objet d'une fidélité charnelle, on raille le "culot" de François Wahl. Ainsi d'Eric Marty, qui a désormais en charge toute la publication de l'oeuvre au Seuil : "Wahl est très mal placé pour donner des leçons, assure-t-il. Peu après la mort de Barthes, c'est lui qui a publié Soirées de Paris, un texte autrement plus intime que le journal de deuil et les carnets de Chine. Quoi qu'il en soit, trente ans après la mort d'un écrivain, les cartes sont rebattues. On ne peut plus jouer aux relations de pouvoir sur le mode du "Roland m'a dit que..." C'est une totale usurpation, typique des rapports de domination qui prévalaient dans le milieu intellectuel à une certaine époque."

Des rapports de domination, certes. Mais surtout un terrible noeud de passions. A la fin de sa vie, Barthes était entouré d'admirateurs. Tous ont eu à coeur de recueillir son héritage : une morale de la forme, d'abord, c'est-à-dire une certaine responsabilité à l'égard du langage ; et puis le plaisir du texte, cette jouissance des signes qu'il incarnait avec tant de délicatesse. Jusqu'à aujourd'hui, à travers l'archive, cet amour est demeuré incandescent. D'où la spirale des jalousies, l'intensité des émotions : "La part de l'affectif est grande, confie Nathalie Léger, directrice adjointe de l'IMEC. Mais il faut résister à la tentation de faire de chaque publication d'un inédit une "affaire". Seul compte le statut du texte. Parmi les 13 000 fiches accumulées par Barthes, les 330 qui forment le Journal de deuil constituaient un paquet séparé, avec sa chronologie propre. C'est un ensemble cohérent, qui relève plus de l'intériorité que de l'intimité, et qui permet d'éclairer le reste de l'oeuvre. A partir de là, le problème se pose : quand publier ? Et ce problème, un ayant droit a toute légitimité pour le prendre au sérieux. Surtout quand le deuil en question est aussi le sien..."



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Marielle Macé, "Une écriture à même la vie" LE MONDE DES LIVRES | 05.02.09

Propos recueillis par Jean-Louis Jeannelle

Article paru dans l'édition du 06.02.09.


Chercheuse au CNRS et auteure du Temps de l'essai (Belin, 2006), Marielle Macé fait aboutir toute l'histoire de ce genre à Roland Barthes. Entretien.

Une série de remarques sans recul dans les "Carnets du voyage en Chine", des notes brisées et répétitives dans le "Journal de deuil" : Barthes succombe-t-il ici aux charmes de l'écriture personnelle ?

C'est vrai, il n'y a pas de surplomb dans ces notes elliptiques. Mais c'est justement là le grand art de la notation : minimal, réduit à l'acuité d'un regard, et pour les lecteurs véritablement enivrant. Il nous situe au ras d'un individu et dévoile tout un rapport aux choses. Car Barthes a une curiosité aiguë : le monde sensible est pour lui une mine à ciel ouvert, il suffit de se baisser pour ramasser une pépite. En Chine on lui sert de longs topos, qu'il copie distraitement comme un écolier ; mais en contrepoint il observe des événements ténus, troublants : un accord de couleurs dans le paysage, une blouse trop longue, toute une résistance de la vie à la chape idéologique... Dans le Journal de deuil, on suit un tempo beaucoup plus déchiré, celui d'un être dévasté par la perte de sa mère, "en proie" à une force d'introspection et de nuance permanente.

J'y vois tout un rythme intérieur, qui se prolonge en une manière d'écrire. Cela nous rend à notre tour très attentifs à la qualité sensible de ces expériences, ou à leur ratage. En Chine, on sent le règne du "fade" : le voyage est décevant, Barthes ne trouve aucun dépaysement, aucune surprise qui viendrait imprimer un "pli" au tissu des jours. Dans le deuil en revanche, c'est le gouffre du "mat", la solitude opaque, lancinante et sans progrès.

Aucun "aveu" n'est donc à attendre de ces deux livres ?

Pas de scoop, en effet, ce n'était pas son genre ! Barthes disait qu'il faut donner l'intime et non le privé. L'intime, c'est le rapport à soi, et souvent à sa propre banalité, alors que le privé c'est ce qu'on cache. Le privé s'avoue dans un récit ; l'intime lui se dit par fragments. Les notes ne composent pas de récit : dans le deuil, Barthes ne se sent promis à aucune consolation, le temps n'y changera rien, il n'y aura pas d'histoire, la douleur ne s'use pas et revient par bouffées : "Tout m'écorche. Un rien soulève en moi l'abandon"...

Au "deuil", Barthes oppose d'ailleurs le "chagrin".

Oui, il veut habiter son chagrin, s'y tenir immobile. Alors que le deuil supposerait un "travail", et peut-être un progrès. Barthes se sépare ici violemment de la psychanalyse. C'est Proust qui lui souffle ce beau mot de "chagrin" dans lequel il se reconnaît entièrement. Barthes ne peut pas lire Proust sans être emporté par cette vérité du style littéraire, par cette façon de bien dire l'évidence.

Mais alors ces carnets sont aussi une préparation à l'écriture ?

Oui, à l'écriture de tout ce qui l'occupe au même moment. Barthes écrit à même la vie, il a hâte d'intégrer son chagrin à un texte. C'est l'une des beautés de ce journal de deuil : il pèse affreusement, comme une pierre à son cou, mais il soulève aussi en lui des possibilités de livres, des projets, des désirs. Beaucoup de notes passeront dans ses travaux : un cours au Collège de France, un projet de roman qu'il aurait intitulé, comme Dante, Vita Nova, et un essai sur la photographie, La Chambre claire. Cet essai est né d'un cliché de sa mère enfant que Barthes a retrouvé en classant ses souvenirs ; elle s'y tient, "douce, discrète", au fond d'un jardin d'hiver. L'image le bouleverse au point de guider toute son analyse de la photographie ; mais elle n'est pas publiée dans le livre, elle reste à l'abri des regards.

Proust, Sartre, Perec : Barthes serait donc le plus lucide de toute une lignée d'écrivains marqués par leur mère.

C'est surtout avec Proust que Barthes partage l'épreuve de la séparation, du "plus jamais". Mais il a prolongé autrement la filiation ; il se surprend dans ses gestes les plus minimes à répéter sa mère, à la continuer : l'être aimé, dit-il, est "un relais", qui "fonde en affect les grandes options" d'une vie. Ce que j'appelais tout à l'heure un rythme intérieur, il l'a manifestement reçu de cet amour. Il y avait en elle une délicatesse, une attention, un goût de la nuance qui ont indiqué à Barthes une manière d'être, et donc d'écrire. Ses notes relancent ce style vers nous, à nous d'en prendre le relais.


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Jean Birnbaum :


Roland Barthes ose le cliché

LE MONDE DES LIVRES | 05.02.09 | 10h30 • Mis à jour le 05.02.09 | 10h30

Article paru dans l'édition du 06.02.09.

Roland Barthes (1915-1980) s'était fixé une tâche impossible : non seulement prendre soin des mots, mais encore ne jamais laisser le langage se figer, toujours le maintenir dans cet état de révolution permanente qu'on appelle littérature. A ses yeux, il n'y avait pas de combat plus urgent.

Avec délicatesse et conviction, il nommait les forces en présence. A une extrémité, pour désigner la parole ouverte, celle qui déferle dans votre tête, palpite sans ordre ni contrainte, Barthes mobilisait la métaphore du souffle et évoquait une "bouffée" de langage. De celle-amoureux, auquel le sémiologue consacra son livre le plus célèbre.

A l'autre extrême, pour qualifier la parole fermée, prise dans la bonne conscience et les clichés, il utilisait un terme issu de la cybernétique : la "brique". Parmi les plus fameux fabricants de "briques", Barthes citait le Bourgeois bien-pensant, et aussi l'Idéologue militant.

Le destin de la langue, et donc de l'humanité, semblait se jouer ici, dans cette guerre entre le libre déploiement de la "bouffée" et la pesante oppression de la "brique". A bien y regarder, pourtant, la ligne de front n'était pas si claire. En témoignent les deux textes inédits qui paraissent aujourd'hui : les Carnets du voyage en Chine, d'un côté, et le Journal de deuil, de l'autre.


Barthes est parti en Chine du 11 avril au 4 mai 1974, avec son éditeur, François Wahl, et une délégation du groupe Tel Quel composée de Julia Kristeva, Philippe Sollers et Marcelin Pleynet. A son retour, il publia dans Le Monde un article intitulé "Alors, la Chine ?". Curieusement, ce texte ne laissait guère percer le dégoût qui fut le sien durant le périple. C'est pourtant ce sentiment révulsé qui domine les carnets de notes griffonnés par Barthes à l'époque. Désormais disponible, ce merveilleux document offre un voyage dans le voyage : tandis que la petite troupe suit les étapes de son itinéraire, nous cheminons dans l'esprit du sémiologue, au milieu de ses méditations et de ses croquis, comme si nous assistions à l'élaboration mouvementée de quelques nouvelles Mythologies.

Car au moment où une partie de l'intelligentsia française vénère le Grand Timonier, c'est bien en chasseur de mythes que Barthes aborde la Chine maoïste, où se déchaîne une énième campagne idéologique, dirigée contre Confucius et Lin Piao. Solidement encadrés par une escouade de guides et de traducteurs, baladés d'usines en communes populaires, les intellectuels français effectuent un voyage sous haute surveillance. Partout la foule est là pour les acclamer. Partout elle les accueille avec des banderoles où il est écrit : "Bienvenue à "Tel Quel"". Partout la Femme "nouvelle" et l'Ouvrier "conscient" leur servent le même laïus sur les horreurs du passé, la révolution en cours, les merveilles à venir.

Il y a quelque chose de bouleversant à imaginer Barthes, cet anarchiste du signe, pris au piège d'un tel carcan. Un homme si sensible, si attentif au second degré, pouvait-il supporter cela longtemps ? Ses carnets attestent que non. Au début, l'écrivain aligne sagement ses notes : dans telle ferme, il consigne les arguments du chef local, mais aussi les chiffres de la production légumière et les détails du système d'irrigation. Très vite, néanmoins, son corps signale le malaise : "Nuit : la plus forte migraine de ma vie - insomnie et nausée. Détresse, pire, panique." Peu à peu, le voilà qui se met à "rendre" les clichés consolidés, à vomir la Doxa cimentée : "faire une liste des X Stéréotypes (briques) que j'ai recueillis", écrit-il. Un peu plus loin, en visite dans une "famille modèle" : "Le vieux place ses briques, à jet continu." Variante : "Le vieux est particulièrement briqué."

Que faire ? Face à "l'avalanche de briques", Barthes se cramponne à la vie. Il observe les vêtements, repère un geste amical, décrit la saveur du thé, la moiteur des mains, sans cesse à l'affût de l'érotisme le plus fugace : "Sourires du jeune serveur de thé en blanc (ceux-là sont d'une extrême proximité. En d'autres temps...)" ; "poignée de main douce, longue et tiède avec le Beau Présentateur embarrassé"... Hélas, tout est verrouillé, l'information comme la pulsion : depuis le départ de Paris, "aucun mouvement du sexe", constate-t-il. Et dès lors que le désir s'absente, c'est l'écriture elle-même qui se trouve tenue en échec : "toutes ces notes attesteront sans doute la faillite, en ce pays, de mon écriture", conclut Barthes. De fait, les carnets de voyages sont parsemés de formules qui témoignent du fiasco : "trop fatigué pour noter" ou, plus lapidaire, "etc. (j'en ai marre)". Au moment de quitter la Chine, l'écrivain trace ce simple mot : "Ouf !"

"AMPLEUR DE LA MÈRE"

Trois années séparent ces notations asphyxiées des élans intimes qui s'expriment dans le journal que Barthes a tenu après la mort de sa mère, entre 1977 et 1979. En passant des unes aux autres, on croit quitter l'empire des "briques" pour retrouver un espace très différent, celui des "bouffées" langagières. Mais les 330 fiches qui composent le Journal de deuil ne sont pas sans rapport avec les pages des carnets chinois. Ces derniers n'évoquaient-ils pas, à plusieurs reprises, un "Matriarcat énorme", avant de généraliser : "Présence, ampleur de la Mère" ? Or dans le très beau texte où l'enfant Barthes rend hommage à la femme qui lui a donné naissance, et avec laquelle il a vécu jusqu'au bout, la mère apparaît aussi comme une icône surplombante, une image du souverain Bien.

Sous la plume de son fils, Henriette Barthes est le seul être aimé, "intact de toute névrose, de toute folie". Elle est la Loi intérieure, le Recours absolu : "Tout est vrai : la douceur, l'énergie, la noblesse, la bonté." Elle est celle qui donne envie de crier "je veux rentrer !" quand on est en voyage, celle dont on souhaite perpétuer le souvenir en construisant une oeuvre, celle qui ne sera plus là pour voir la neige sur Paris, celle qui en s'en allant frappe l'existence d'absurdité : "Cocktails de mai. Sensation triste, déprimante de stéréotype social et saisonnier. Poignant. Je pense : mam. n'est plus là et la vie stupide continue."




Mais voici l'étonnant : ce Journal de deuil paraît longtemps après des textes décisifs, comme Mythologies ou Fragments d'un discours amoureux. Le lecteur qui aime ces livres, et dont le regard a été formé par eux, ne peut s'empêcher d'appliquer aux inédits de Barthes la méthode qu'il a héritée de lui. Et quand ce dernier écrit, dans le Journal de deuil : "Peut-être est-ce alors d'un préjugé que je souffre ?", on se prend à penser que oui, étouffé par les larmes, envahi par un "égoïsme désolé", Barthes retrouve lui aussi une forme de stéréotype. D'où, à nouveau et comme en Chine, le prix à payer, l'écriture bloquée : "Pleine mer de chagrin - quitté les rivages, rien en vue. L'écriture n'est plus possible." Une fois n'est pas coutume, et c'est ce qui confère à ce texte sa puissance de séduction, Barthes touche au pathétique. Mieux : il l'ose. On comprend alors que la "brique", loin d'écraser tout imaginaire, peut devenir cette vérité banale, ce cliché par où advient la littérature. Dans son Journal de deuil, à la date du 3 avril, Barthes a marqué : "Désespoir : le mot est trop théâtral, il fait partie du langage. Une pierre."



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