Colloque : Figures de l'auto-engendrement littéraire
Dans le cadre du 77e congrès de l'ACFAS
Université d'Ottawa
Le 15 mai 2009
Ce colloque se veut l'occasion de réfléchir autour des figures de l'auto-engendrement dans la littérature moderne et contemporaine. Désignant un processus par lequel un sujet tente de se donner à lui-même ses propres fondements, sa propre origine, la notion d'auto-engendrement renvoie d'abord à un projet littéraire moderne conçu, dès les romantiques allemands, en terme d'autopoïesie, de production de soi. Actif à titre de schème ou de fantasme, cet engendrement de soi est susceptible de revêtir des formes extrêmement diverses selon les oeuvres, les genres et les époques, mais toujours — c'est l'hypothèse qu'il s'agirait de vérifier dans ce colloque —, il supposerait l'existence d'un sujet littéraire à la fois produit et producteur de l'oeuvre, susceptible de rendre quasi impossible l'existence même de cette dernière. Si le sujet s'auto-engendre dans l'oeuvre, ce sont les bases de l'acte créateur qui ne cessent de poser problème. Comment un motif qui met la littérature dans une situation aussi paradoxale a-t-il pu se trouver au fondement du projet littéraire moderne? Comment ce schème perdure-t-il, se reproduit-il et ou se transforme-t-il en fonction des contextes et des époques? Quels visages particuliers (sur le plan des thèmes, de la forme, de la structure, de l'appartenance générique) prend-il chez tel auteur, dans telle oeuvre? En plus de sa portée très large et de la pluralité des approches réflexives et méthodes critiques qu'elle est susceptible de solliciter de façon tout à fait fondamentale, la question de l'auto-engendrement en littérature revêt une pertinence toute actuelle, notamment en regard d'essais récents comme ceux de Nancy Huston (Professeurs de désespoir) et d'Olivier Rey (Une folle solitude. Le fantasme de l'homme auto-construit) dans lesquels l'idée d'auto-production du sujet se trouve critiquée, à partir d'un point de vue essentiellement moral, comme une des illustrations privilégiées de l'hybris (orgueil démesuré) moderne ou postmoderne. Privilégiant pour sa part un point de vue esthétique qui, pour ne pas échapper simplement à l'horizon éthique ou moral, suppose cependant de prendre en compte le déplacement des notions de sujet et d'origine qu'implique l'espace littéraire, ce colloque propose de retourner aux sources de la création moderne et d'examiner les transformations du sujet opérées par la production littéraire plus récente.
Prière d'envoyer vos soumissions qui prendront la forme d'un résumé de communication (1500 caractères max.) d'ici le 6 février 2009 à l'adresse suivante : fbernier@fas.harvard.edu
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