Fabula, la recherche en littérature ()

Line Cottegnies (éd.), Mary Astell et le féminisme en Angleterre au XVIIe siècle

Parution livre (édition)

Information publiée le lundi 13 octobre 2008 par Bérenger Boulay (source : Tony Gheeraert)


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Mary Astell et le féminisme en Angleterre au XVIIe siècle. Textes traduits et présentés par Line Cottegnies

Lyon, , ENS Editions, "Les Fondamentaux du féminisme" (dir. Frédéric Regard) , 2008
ISBN: 978-2-84788-126-4

Prix: 23 €



Table des matières
1. Proposition sérieuse à l'attention des femmes de qualité (1694)
2. Proposition sérieuse à l'attention des femmes de qualité, Deuxième partie (1697)
3. Réflexions sur le mariage (1700)

Précurseurs

1. Margaret Cavendish
a. Opinions de physique et de philosophie (1655)
b. Le Couvent du plaisir (1668)
2. [Richard Allestree, La Vocation des dames (1673)
3. [Bathsua Makin, Essai pour restaurer l'ancienne éducation des femmes de qualité (1673)
4. Hannah Woolley, Le Compagnon de la femme de qualité, ou, guide pour le sexe féminin (1673)
5. Clement Barksdale, Lettre sur un collège de jeunes filles, ou une Société de Vierges (1675)

Réception

6. [Judith Drake, Essai pour défendre le sexe féminin (1696)
7. [Daniel Defoe, Essais sur divers projets (1697)
8. George Wheler, Le Monastère protestant, ou le gouvernement chrétien (1698)
9. [Jonathan Swift, The Tatler, n° 32 (23 juin 1709)

TABLEAU DES ÉVÉNEMENTS CONTEMPORAINS
Bibliographie sélective
Index des noms
Index des notions


* * *


Dans Libération du 30/10/8:


"La dot d'Astell

Par Y. Ripa

Féminisme. Ecrits britanniques du XVIIe.


u'[une femme] se voit obligée à tout moment de servir un homme n'est qu'une occupation fortuite, comme peut l'être par exemple pour n'importe quel homme la nécessité et l'obligation de garder des cochons : il n'a pas été fait pour cela.» Le ton est donné, mordant, ironique, mais d'une imparable logique, comme l'est cette remarque qui se rit des contradictions masculines : puisqu'«il serait ridicule de supposer qu'une femme, même avec de l'instruction, puisse approcher le génie supérieur des hommes, alors pourquoi envieraient-ils, pourquoi voudraient-ils nous décourager ?» Et Mary Astell, 27 ans, jusqu'alors plus poétesse que pamphlétaire, de revendiquer une éducation pour les femmes, d'envisager même l'existence d'une sorte de monastère de la culture. On croit identifier une posture féministe du premier XIXe siècle. Il n'en est rien. L'auteure est enfant de ce XVIIe anglais durant lequel la vie des femmes a été «profondément transformée par les conséquences de la guerre civile et de l'intermède républicain».

Astell est tôt confrontée au destin miséreux des femmes sans dot. C'est de cette réalité surtout que naît ce protoféminisme. Il est aussi qualifié de préféminisme par Cottegnies, qui signe une remarquable présentation, indispensable clé pour mesurer le caractère précurseur de cette pensée, tout en en comprenant les limites qui valurent à son auteure, après la renommée de son vivant, de tomber dans l'oubli.

Si l'audace prévaut dans sa réfutation du naturalisme et dans la relecture des Ecritures, si la dénonciation et la déconstruction des mécanismes de la domination masculine étonnent par leur modernité, si ses projets éducatifs qui accusent l'ignorance des femmes d'être «la cause de la plupart de [leurs] vices» sont en ces temps novateurs, le féminisme d'Astell est élitiste, comme l'annonce le titre de son ouvrage : Proposition sérieuse à l'attention des femmes de qualité, en vue de l'avancement de leur véritable et meilleur intérêt, par une femme aimant son sexe, dont la première partie paraît en 1694 et la seconde, assortie d'une méthode pour le développement de leur esprit, en 1697. Sa critique de la différence sexuée bute sur son respect de la hiérarchie des sexes au sein du politique et de la famille : dans Réflexions sur le mariage, à l'occasion de l'affaire du duc et de la duchesse de Mazarin (1700), Astell, qui a défendu la chasteté, plaide pour une union rationnelle mais dans laquelle l'épouse reste soumise à son conjoint. Elle se montre ainsi pragmatique et fidèle à ses positions tories. Celles-ci lui fermeront les portes de la postérité. Voilà réparée une injustice de la mémoire féministe."



Responsable : Line Cottegnies

Url de référence :
http://www.ens-lsh.fr/21816341/0/fiche___pagelibre/&RH=EDITIONS?RF=EDITIONS

Adresse : UFR du Monde Anglophone 5, rue de l'Ecole de Médecine 75 006 Paris

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