Bruce Bégout, De la décence ordinaire. Court essai sur une idée fondamentale de la pensée politique de George Orwell
Allia, septembre 2008, 128 p.
Code ISBN:
978-2-84485-286-1
6, 10 €
George Orwell est connu pour avoir écrit 1984 ou La Ferme des animaux, satires du totalitarisme. Il l'est moins pour la réflexion qu'il a menée sur la condition des gens ordinaires.
Bruce Bégout rend ici hommage à l'humanisme d'Orwell. Il y a, dans
sa pensée, la combinaison inédite d'une lucidité pessimiste et d'une
joie de vivre. En parcourant son oeuvre, il cherche à définir la notion
de “décence ordinaire”. La “common decency” serait ce “sens moral inné”
qui incite les gens simples à bien agir. Orwell se demande quel rôle
politique elle peut jouer.
Partisan de l'engagement, il déplore la résignation des gens
ordinaires. Sans jamais tomber dans un sentimentalisme à la Dickens, il
défend l'idée d'un socialisme utilisant cette décence comme arme
politique. Il dénonce, par contraste, l'indécence extraordinaire des
intellectuels qui s'affilient au pouvoir et les dérives d'un socialisme
coupé du quotidien. S'ensuit une critique de l'évolution technique de
la société occidentale et une analyse de la dérive du langage vers une novlangue.
Bégout dissèque ici un nouvel aspect du monde de la vie
quotidienne qui nourrit toute sa réflexion. En mettant en évidence la
place majeure de cette préoccupation chez Orwell, il nous offre une
nouvelle lecture de son oeuvre et met en valeur la finesse de son
jugement politique.
C'est qu'il y a dans cette vie, si banale soit-elle, une certaine justesse, voire parfois de vrais moments de grâce.
Disons-le clairement : ce n'est pas par simple intérêt que l'homme
ordinaire répugne à faire le mal (l'éthique ne relève pas d'un calcul),
mais parce qu'il a en lui certaines dispositions morales qui l'incitent
à prendre soin spontanément de ses semblables.
De plus en plus, les gouvernements dépêchent des psychologues sur
tous les lieux du drame social afin de masquer ses origines non
psychologiques.
Ce n'est pas Orwell qui est désespéré, c'est le monde qui est, de plus en plus, désespérant.
Bruce Bégout est né en 1967 à Talence. Philosophe, il a publié chez Allia deux essais remarqués sur la ville américaine au XXe siècle : Zéropolis (2001) et Lieu commun (2003). Spécialiste de Husserl, il se consacre à l'exploration du monde urbain, mais aussi et plus généralement du quotidien.
D. Hopkins, Conversing with antiquity: English poets and the classics, from Shakespeare to Pope
S. Schirru, La favola in Aristofane
N. Laneyrie-Dagen, Détails vus au Louvre
M.-Cl. Planche, De l'iconographie racinienne, dessiner et peindre les passions
J.-M. Delassus, La Cérémonie des corps
Cl. Dupont, Jaurès, ce que dit un philosophe à la cité
S. Boehringer et L.-G. Tin (éd.), Homosexualité, Aimer en Grèce et à Rome (anthologie)
J. Pigeaud, Folie et cures de la folie chez les médecins de l'Antiquité greco-romaine. La manie
Charles Sorel, Polyandre, histoire comique
Lettres de Camille Delaville à Georges de Peyrebrune (1884-1888)
C. Duflo, F. Magnot, F. Salaün (dir.), Lectures de Cleveland
S. Martin (dir.) La Poésie à plusieurs voix
K. Sidwell, Aristophanes the democrat: the politics of satirical comedy during the Peloponnesian War
E. Arnoul (dir.) et al, Les Écrits du for privé en Europe, du Moyen Âge à l'époque contemporaine
« Et si nous en parlions ! » Correspondance de Jean Paulhan et de Louis Guilloux
L.A. Swift, The hidden chorus: echoes of genre in tragic lyric
E. Vandiver, Stand in the trench, Achilles: classical receptions in British poetry of the Great War
I. David & G. Puccini-Delbey, Silves latines 2010-2011 : Plaute, Rudens, Pétrone, Satiricon
F. McIntosh-Varjabédian, Écriture de l'Histoire et regard rétrospectif