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L'OCDE appelle la France à payer plus pour ses universités

Points de vue et débats

Information publiée le jeudi 18 septembre 2008 par Vincent Ferré


L'OCDE a livré mardi son rapport annuel sur l'éducation. Il rappelle que la France se caractérise par un investissement dans l'enseignement supérieur plus faible que la moyenne.

L'OCDE a livré mardi son rapport annuel sur l'éducation. Il montre qu'entre 1995 et 2005, dans tous les pays de la zone, la massification de l'enseignement supérieur s'est poursuivie, la proportion moyenne de diplômés passant de 37% à 57%. Aussi, l'OCDE pose-t-elle la question des systèmes de financement à même de soutenir cette hausse des effectifs.

Trois types de politiques ont été menées. Les pays nordiques ont développé l'enseignement supérieur par des investissements publics massifs. D'autres, comme les Etats-Unis ou le Japon, ont reporté sur les étudiants une partie de la charge financière. Enfin de nombreux pays, européens notamment, n'ont fait ni l'un ni l'autre. Ceux-ci « n'ont pas revu à la hausse les budgets des universités dans les proportions requises mais n'autorisent pas pour autant les établissements supérieurs à réclamer des frais de scolarité à leurs étudiants », constate l'OCDE. Ce qui est le cas de la France même si Valérie Pécresse, la ministre de l'enseignement supérieur, a présenté à l'automne dernier un plan de 730 millions d'euros sur cinq ans.

Par conséquent, il y a un risque que « les difficultés budgétaires s'aggravent », avertit l'OCDE. Ce qui, à terme « peut menacer la qualité des programmes proposés », prévient-elle.

La France, elle, se caractérise par un investissement au-dessus de la moyenne pour le primaire et le secondaire. Mais plus faible pour l'enseignement supérieur. Dans le premier cas, elle consacre 4% de son PIB contre 3,8% en moyenne pour les pays de l'OCDE. Dans le second, elle ne consacre que 1,3%, contre 1,5%.

Par étudiant, elle ne dépense chaque année « que » 10.955 dollars (chiffres de 2005), contre 11.512 dollars en moyenne dans les pays de l'OCDE. Et quand les Etats-Unis en dépensent 24.370.

Pourtant, la France ne fait pas exception à la massification de l'enseignement supérieur. La proportion de diplômés du supérieur y est de 41% chez les 25-34. Contre 19% chez les 45- 54 ans. Dans l'Hexagone ont été particulièrement développées les formations techniques et courtes de types BTS ou IUT. La proportion de diplômés de ces filières y est de 18% chez les 25-34 ans contre 8% chez les 45- 54 ans.

Néanmoins, le diplôme du supérieur n'offre, relativement, que peu de garanties contre le chômage en France, souligne l'OCDE. L'écart entre les taux d'emploi des diplômés du supérieur et du secondaire y est assez faible : de 8 points seulement. Notamment parce que le nombre de diplômés du tertiaire a progressé « à un rythme relativement plus soutenu que l'offre d'emplois hautement qualifiés entre 1998 et 2006 », rappelle l'OCDE : 6% contre 5%.

En France, le taux d'échec à l'université suscite bien des critiques. Mais si l'on considère l'enseignement supérieur dans sa globalité, les taux d'échec sont moins élevés en France par rapport à la moyenne des pays de l'OCDE. « Toutefois, 15% d'élèves abandonnent les formations de niveau universitaire pour se réorienter vers des formations plus techniques », relève l'OCDE.

L'Hexagone se singularise par une forte proportion d'étudiants en sciences humaines et sociales. La part des étudiants en sciences humaines, arts et lettres y était de 19% en 2004, contre 9% en Allemagne. Celle des étudiants en sciences sociales, droit et commerce de 35% contre 22% outre-Rhin. La proportion d'ingénieur en France est toujours inférieure à la moyenne des pays de l'OCDE.


Url de référence :
http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/l-ocde-appelle-la-france-a-payer-plus-pour-ses-facs_162219.html

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