Compte rendu publié dans Acta fabula : "L'immatériel : matière à réflexions" par Guillaume Pinson.
La Production de l'immatériel - Théories, représentations et pratiques de la culture au XIXe siècle
Sous la direction de Jean-Yves Mollier, Philippe Régnier, Alain Vaillant.
Actes du colloque de mai 2003.
Presses universitaires de Saint-Etienne, 2008.
Isbn (ean13) : 9782862724836
Présentation de l'éditeur:
Siècle du passage à l'économie libérale et à la société industrielle, le XIXe siècle voit en France la création littéraire et artistique prendre tous les caractères d'une " production " - pensée avant même notre entrée, au XXIe siècle, dans l'ère de l'immatérialité numérique -, comme celle de " produits immatériels ".
Les belles-lettres et les beaux-arts doivent alors et sans retour s'adapter à ce nouveau système d'échanges et de valeurs, viser un public de masse, trouver leur place dans le premier des médias modernes qu'est la presse périodique (journaux et revues). En même temps, l'Etat postrévolutionnaire invente et instaure la pratique spécifiquement française de la politique culturelle à des fins d'autolégitimation, d'identité nationale et d'instruction publique.
Il définit juridiquement la propriété intellectuelle. C'est ainsi que s'organise un marché contrôlé et régulé de l'immatériel, dont les principes et les effets ne manquent pas de susciter réflexion et critiques chez les contemporains. Quant aux poètes, romanciers, dramaturges, compositeurs d'opéra, peintres, etc. , tous, de créateurs devenus " producteurs ", et contraints de se redéployer par rapport au nouveau cadre, ils l'acceptent, le contournent ou le combattent selon des stratégies très diverses.
Ainsi, d'une manière ou d'une autre, cette situation finit-elle par s'inscrire dans l'énonciation, dans la poétique et dans la thématique de ce qu'ils persistent à vouloir nommer leurs oeuvres. Bon gré, mal gré, elle les stimule à un renouvellement des formes et des genres. A travers les contributions d'une trentaine de spécialistes du XIXe siècle, l'histoire culturelle et l'histoire de l'art joignent leurs approches à celles de l'histoire littéraire pour proposer des études de cas et construire une vision d'ensemble.
L'ouvrage se focalise plus spécialement sur un certain nombre de témoins et d'acteurs centraux, tels Balzac, George Sand, Baudelaire, Vallès, Mallarmé, Courbet, qui permettent de dégager des phénomènes transversaux non dépourvus d'analogies avec la période de mutations actuelle.
Table:
L'APPAREIL INSTITUTIONNEL ET LE MARCHE
M. Deguy, L'état de la désunion
Joris-Karl Huysmans, Écrits sur la littérature
J.-L. Nancy, L'Adoration, Déconstruction du christianisme (2)
A. Herschberg Pierrot (dir.), Savoirs en récits I. Flaubert : la politique, l'art et l'histoire
Bertrandon de la Broquère, Le Voyage d'Orient
A. Giraffi, La Révolution de Naples
M. Yourcenar, Les trente-trois noms de Dieu (rééd.)
E. Vila-Matas, Perdre des théories
J.-P. Martin, Eloge de l'apostat, essai sur la vita nova
A. Schiffrin, L'Argent et les mots
G. Mauger, C. Poliak, B. Pudal, Histoires de lecteurs
E. Marty, Roland Barthes, la littérature et le droit à la mort
J. Porée et G. Vincent (dir.), Paul Ricoeur, la pensée en dialogue
J. Herman et alii (dir.), L'Assiette des fictions. Enquêtes sur l'autoréflexivité romanesque
M. Traversier, Gouverner l'opéra. Une histoire politique de la musique à Naples 1767-1815
R. Pommier, René Girard. Un allumé qui se prend pour un phare
Marcel Proust, Cahier 71 "Dux" (2 vol.)
O. Mirbeau, Les 21 jours d'un neurasthénique