Fabula, la recherche en littérature (debats)

Rentrée 2008 : une grande confusion pour les étudiants préparant les concours (Conférence des directeurs d'IUFM, communiqué).

Points de vue et débats

Information publiée le dimanche 29 juin 2008 par Marc Escola


CONFERENCE DES DIRECTEURS D'IUFM

Communiqué de presse - Le 27 juin 2008



Dans l'intérêt des élèves, les compétences professionnelles doivent
rester au coeur de la formation des enseignants


La Conférence des directeurs d'IUFM rappelle son attachement à la
qualité de la formation des enseignants, gage de la qualité de
l'enseignement qu'ils dispenseront aux élèves qui leur seront confiés.
Elle exprime des réserves importantes sur les premières dispositions
relatives au projet de réforme de la formation et du recrutement des
enseignants au niveau master, et elle s'inquiète tout particulièrement
de la précipitation qui accompagne leur mise en oeuvre.



Rentrée 2008 : une grande confusion pour les étudiants préparant les concours


La Conférence des directeurs d'IUFM estime que les mesures
transitoires annoncées pour 2008-2009 -si elles partent de bonnes
intentions- ne sont pas les solutions adaptées aux problèmes posés :
la précipitation actuelle induit inquiétude et insécurité chez les
étudiants qui ne savent plus où s'inscrire pour préparer les concours.
Des mesures transitoires sont indispensables. En effet, il faut que
les candidats à la session de juin 2009, titulaires d'une licence,
puissent, en cas d'échec, se présenter à la session de 2010 qui
requiert l'inscription en deuxième année de master. Dans cette
perspective, les étudiants doivent pouvoir valider l'année de
préparation 2008-2009 sous forme d'ECTS, condition d'une inscription
en deuxième année de master, sous réserve d'équivalences accordées.
Cependant, leur proposer une inscription simultanée en préparation de
concours et en première année des masters existants est une fausse
bonne solution :
d'abord parce qu'elle induit, dans la plupart des cas, des frais
d'inscriptions supplémentaires,
ensuite parce qu'à courir deux lièvres -assez différents- à la
fois, on risque de n'en attraper aucun,
ensuite parce que les équipes pédagogiques des masters existants ne
sont pas demandeuses de ces profils d'étudiants qui ne visent pas
prioritairement leur master, ses objectifs et ses contenus, et que les
taux de réussite risquent de chuter
enfin parce que cette solution n'est possible que pour environ
quatre étudiants préparationnaires sur dix des concours. Les autres ne
trouveront pas dans les masters existants des réponses à leurs
attentes et à leurs besoins.


Des mesures transitoires nécessaires pour l'accès en M2 à la rentrée 2009

Bien meilleure est la solution de commissions pédagogiques mixtes
(enseignants des préparations actuelles et enseignants des futurs
masters à construire) validant, au vu des résultats obtenus tout au
long de l'année et au concours, les acquis des étudiants en vue de
leur inscription en deuxième année de master. Les universités, en
d'autres occasions de leur histoire, ont déjà su inventer des
solutions de ce type.


Des enseignants qui n'auraient jamais rencontré d'élèves


Au delà des mesures transitoires, pour les rentrées 2008 et 2009, la
Conférence des directeurs d'IUFM attire solennellement l'attention des
décideurs politiques sur les dérives possibles dans la mise en oeuvre
de l'actuel projet de réforme. A travers lui, il serait parfaitement
possible qu'un étudiant titulaire d'un master de droit constitutionnel
(par exemple), moyennant bachotage des épreuves du concours dans le
cadre d'une officine privée, se retrouve lauréat du concours, nommé
professeur des écoles, à qui l'on confie des élèves, sans aucune
réelle formation professionnelle et plus encore sans avoir eu, au
préalable, aucun contact avec des élèves dans une classe. Que
dirait-on d'un médecin qui débute sa carrière sans jamais avoir
approché un malade ? La formation professionnelle des enseignants doit
rester une formation par alternance. Les stages en établissements
scolaires, intégrés aux dispositifs de formation universitaire,
doivent être obligatoires -et non pas facultatifs- pendant les études
universitaires des futurs professeurs, et ce pas seulement pendant le
dernier semestre de master mais dès la licence et tout au long du
cursus de formation.


De vrais masters et de vraies compétences professionnelles pour de
vrais métiers dans les écoles, collèges et lycées


Le ministère de l'Éducation nationale a produit en 2006 un référentiel
de dix compétences pour la profession enseignante. Cela constitue un
véritable progrès pour fonder et évaluer la formation initiale des
enseignants. C'est sur la base de ce référentiel que doivent être
habilités ou non des masters visant la formation des enseignants,
plutôt que de faire semblant de croire que n'importe quel master peut
être suffisant pour savoir enseigner. A supposer que cela soit
suffisant pour réussir un concours, cela fera-t-il du lauréat un
enseignant efficace pour faire réussir ses élèves ? Pour une
université, se placer dans la perspective d'un référentiel de
compétences pour concevoir une formation professionnelle n'est pas
contraire à son autonomie et à sa « liberté », confirmée par la
récente loi « Liberté et Responsabilité des Universités ». Bien au
contraire, l'acceptation de ce référentiel est l'expression même de
son engagement dans sa « responsabilité » au regard de toute formation
de nature professionnelle, rentrant aujourd'hui dans la mission
réaffirmée aux universités.

La Conférence des directeurs d'IUFM propose la création de masters
visant les professions enseignantes, respectant pleinement le
référentiel des dix compétences produit par l'employeur, tout en
satisfaisant l'impératif d'un adossement à la recherche. Certains de
ces masters pourront être des adaptations, ou des spécialités
nouvelles de masters existants. Mais les plus nombreux d'entre eux ne
pourront être que des masters radicalement nouveaux, tant il est vrai
que les masters existants peuvent être mis en relation avec quelques
disciplines enseignées dans le secondaire mais que la grande partie
des enseignants du primaire, de l'enseignement technologique, de
l'enseignement professionnel, des documentalistes, des conseillers
principaux d'éducation,... ne trouvent pas aujourd'hui leur place dans
ces masters existants.


Une formation universitaire des maîtres associant l'ensemble des universités

Il est absolument indispensable que toutes les universités françaises
puissent participer à la formation des enseignants et pas seulement la
trentaine d'entre elles qui ont une composante interne IUFM. Pour
autant, la Nation n'a pas intérêt - au nom de leur autonomie- à
laisser les universités qui n'ont pas l'expérience, la compétence et
les ressources humaines ouvrir seules ce chantier. Les IUFM,
composantes internes d'une université particulière, ont une vocation
académique et doivent être mis au service -par convention, dans des
dispositifs de cohabilitation et de partage de responsabilités - de
l'ensemble des universités françaises pour la formation des enseignants.

Pour finir, la Conférence des directeurs d'IUFM rappelle que les IUFM
ont capitalisé et peuvent mobiliser de nombreuses compétences en
matière de formation professionnelle des enseignants. Ainsi les IUFM
entendent prendre toute leur place dans les futurs masters à
construire et mettre tout en oeuvre pour que cette réforme soit un réel
progrès dans la formation initiale des enseignants.

Conférence des directeurs d'IUFM - 27 juin 2008

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