
"Un nouveau paradigme pour l'édition de sciences humaines : L'édition en ligne : un nouvel eldorado ?" les réflexions de Blogo numericus dont on retiendra la conclusion :
"La bonne nouvelle, c’est que les réseaux numériques leur donnent de nouveau la possibilité d’intervenir directement dans le débat public sans devoir passer sous les fourches caudines du formatage médiatique. Les blogs de chercheurs (ceux de Jean Véronis, André Gunthert, Baptiste Coulmont, parmi d’autres, les revues intellectuelles en ligne, La Vie des idées, Telos, Sens Public) sont un moyen pour eux de prendre position dans le débat public et de perpétuer d’une certaine manière la position de l’intellectuel.
La mauvaise nouvelle (pour les chercheurs) maintenant, c’est que si les chercheurs peuvent de nouveau intervenir directement dans le débat public, ils ne sont pas les seuls à pouvoir le faire. Il sont même plutôt mis en concurrence avec....tout le monde ! Pire encore, la position de prééminence par l’expertise dont ils pouvaient se prévaloir (et sur laquelle ils comptent) est de moins en moins reconnue a priori...La manifestation de cela, c’est Wikipedia qui est une épine dans le pied de la communauté scientifique. La question qui est derrière ce phénomène est la suivante : quelle est désormais la place, quelle reconnaissance pour la spécificité des connaissances scientifiques, c’est-à-dire de connaissances produites selon des normes professionnelles particulières, dans la société de l’information.
Dernier phénomène intéressant : ce sont les usages non-contrôlés des publications scientifiques. Dans un contexte d’accès ouvert aux publications, avec la particularité des sciences humaines que les connaissances produites sont communiquées en langage naturel (pas de rupture linguistique comme ailleurs), on voit des articles pointus, publiés dans des revues qui n’étaient jusqu’à récemment consultables qu’en bibliothèque universitaires, être cités dans des forums de discussion, sur des sites personnels, bref, dans des discussions courantes, sans être passées par le filtre de la vulgarisation patentée. C’est un phénomène mal connu à mon avis, et pourtant assez passionnant."