
Quatre dates proposées par de nombreuses associations et organisations de personnels de l’Éducation et de la Recherche, de parents d’élèves, de lycéens, d’étudiants :
Pour justifier les choix idéologiques qu’il impose à la recherche et à l’enseignement supérieur, au mépris des réformes proposées depuis plusieurs années par de très nombreux scientifiques, le gouvernement laisse penser que nos résultats seraient mauvais. A l’appui, il utilise diverses échelles de mesure comme le fameux classement de l’université de Shanghaï, alors même que le vice-président de cette université reconnaît que le classement « ne rend pas justice aux universités françaises ou allemandes car elles ont un système qui diffère complètement ». D’autres indicateurs, comme le nombre d’articles publiés par euro dépensé en R&D, placent la France loin devant les USA ou le Japon, mais sont délibérément oubliés. Le gouvernement peut ainsi justifier le remplacement des dynamiques de collaboration et d’engagement de long terme (qui sont fondamentalement nécessaires à la production de connaissances) par des mécanismes de concurrence privilégiant le court-terme et le pilotage gouvernemental : remplacement des crédits de base des laboratoires par des crédits sur projets courts, augmentation du nombre de jeunes chercheurs sur CDD sans création d’emplois stables (sans qu’aucune étude scientifique n’ait jamais démontré que la précarité jusqu’à 40 ans améliore la productivité des chercheurs), politique de primes au lieu des augmentations salariales (un chercheur débute à 1 700 euros nets par mois), probable augmentation en moyenne du service d’enseignement des enseignants-chercheurs, découpe des organismes de recherche en Instituts, etc...
Les chercheurs en ont assez que le Ministère leur assène ces contre-vérités qui témoignent d’une profonde méconnaissance de la logique scientifique et d’une volonté de contrôle par les politiques sur la communauté scientifique. Dans un contexte de pauvreté relative de la recherche par rapport à d’autres pays (que ce soit en terme de financements des laboratoires que des niveaux de salaires, et ce malgré l’augmentation du budget, totalement trustée par la création de l’ANR), ils sont fiers de leurs recherches, de leurs découvertes, des savoirs qu’ils ont produit, des plus discrètes jusqu’aux plus visibles, qui obtiennent des récompenses internationales (Médaille Fields en 2006 ou le prix Nobel en 2007) et qui consacrent le travail de très longue haleine mené par des équipes. Oui, notre valeur scientifique est reconnue comme en atteste, par exemple, l’attrait du CNRS qui recrute 22% d’étrangers parmi ses jeunes chercheurs.
Surtout, pour produire du savoir et le transmettre, ces métiers de la connaissance fonctionnent fondamentalement et historiquement sur d’autres valeurs qui sont bafouées par ce gouvernement actuel : indépendance du savoir par rapport aux différents pouvoirs (politique, économique...) et groupes de pression ; reconnaissance de la valeur propre du savoir en soi, de sa production et de sa transmission, au delà de toute utilité marchande ; supériorité de la coopération sur la concurrence pour la production de ce bien public qu’est le savoir scientifique (comme en témoignent les effets désastreux de la course aux brevets).
Le gouvernement actuel joue à « l’apprenti-sorcier » en cassant le système existant sans maîtriser toutes les conséquences à court et à long terme. Les différentes réformes présentées comme « techniques » que nous venons de vivre depuis trois ans (ANR, AERES, LRU), sans qu’un plan d’ensemble ait été clairement annoncé (bien qu’il soit facile à lire entre les lignes), nous amènent à vivre dans un climat d’incertitude profondément déstabilisant au quotidien pour les équipes de recherche, et particulièrement délétère pour les jeunes chercheurs et les doctorants qui renoncent de plus en plus à s’engager dans des carrières scientifiques.
Pour affirmer leur fierté des valeurs qui font nos métiers, et demander des réformes qui respectent leurs propositions des Etats-Généraux de Grenoble, construites il y a près de quatre ans, SLR appelle tous les personnels et les usagers de l’enseignement supérieur et de la recherche à marcher le 27 mai 2008 dans toutes les villes de France.
A Paris, le départ aura lieu à 14h30 devant la Maison des Sciences de l’Homme (54 bd Raspail), parce que les sciences humaines et sociales, qui apportent un regard critique et distancié sur notre monde sont parmi les sciences les plus menacées.
Nous nous dirigerons vers le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, d’où nous repartirons à reculons, pour dire combien les politiques actuellement menées sont régressives. Nous finirons notre marche à Jussieu, université emblématique de cette science fondamentale aujourd’hui menacée par un utilitarisme à courte vue.
***
dernier communiqué de SLR:
Le mardi 27 mai, aura lieu la première édition de "l’Academic Pride - la
marche de tous les savoirs". Toutes les personnes attachées à la transmission
et au développement des savoirs sont invitées à marcher le 27 mai 2008 dans
plusieurs villes de France (voir ci-dessous et le site
http://www.academicpride.fr.nf).
- Paris : Départ à 14 h 30 du 54 boulevard Raspail (Maison des Sciences de
l’Homme)
« L’Academic Pride – la marche de tous les savoirs » sera l’occasion
pour tous ceux qui défendent l’importance du service public de la recherche
et de l’enseignement, d’affirmer publiquement la fierté des valeurs qui
fondent les métiers qui font vivre ce bien commun.
Ce sera l’occasion de dire haut et fort que dans un contexte de fortes
difficultés financières, nous sommes fiers de nos recherches, de nos
découvertes, des savoirs que nous avons produits et transmis. Nous sommes
fiers de nos réussites, des plus discrètes jusqu’aux plus visibles, qui
obtiennent des récompenses internationales (Médaille Fields en 2006, prix
Nobel et prix Turing en 2007) et qui consacrent le travail de très longue
haleine mené par des équipes.
Ce sera l’occasion de dire que le gouvernement actuel, déterminé à mettre
la recherche et la formation directement et uniquement au service de
l’économie, fait un choix irresponsable en cassant le système existant sans
tenir compte de l’avis des professionnels qui font fonctionner le service
public d’enseignement supérieur et de recherche. Les différentes
"réformes" et réorganisations mises en place depuis trois ans (ANR, pacte sur
la recherche, AERES, LRU) créent un climat d’incertitude profondément
déstabilisant au quotidien pour les équipes de recherche, et
particulièrement délétère pour les jeunes qui renoncent de plus en plus à
s’engager dans des carrières scientifiques ou à les poursuivre. Les
dégâts créés seront très difficiles à réparer.
Le 27 mai sera enfin l’occasion de dire que nous en avons assez du
comportement méprisant de ce gouvernement. Alors que des scientifiques
éminents ont mis en garde le gouvernement contre le danger qu’il y aurait à
démanteler les organismes de recherche, et que le CA du CNRS qui doit décider
de cette question le 19 juin ne s’est pas réuni, Valérie Pécresse, dans
une interview au Monde du 20 mai, a annoncé le découpage du CNRS en 8
instituts c’est à dire la disparition de fait de cet organisme
internationalement reconnu ! Cette décision ne concerne pas que le CNRS. Une
telle disparition affaiblirait l’ensemble de la recherche et mettrait plus
encore les universités sous le contrôle du pouvoir politique.
Le 27 mai, l’Academic Pride - la marche de tous les savoirs doit être un des
moments forts pour entraver la démolition du Service Public d’Enseignement
Supérieur et de Recherche.
Informations locales :
- Bordeaux : à partir de 12h15, rassemblement sur le parvis de l’université
de Bordeaux II, place de la Victoire.
- Lyon : place Bellecour à 12h, pour un casse-croûte festif.
- Marseille : 10h place Castellane avec slogans, blouses, affiches,
banderolles, instruments de musique, etc !....
- Montpellier : Pique-nique à partir de 11H30 sur la Comédie. Départ pour la
préfecture à 13h30 où une délégation sera reçue. (Blouses blanches et
toutes initiatives pour montrer nos métiers de la recherche et de
l’enseignement supérieur à prévoir)
- Nice : Place MASSENA (Angle de la rue Gioffredo) à 10h30
- Orléans, rassemblement prévu à 10h30 le mardi 27 mai, Place d’Arc.
Ensuite, les participants prendront le train pour Paris.
- Paris : Départ à 14 h 30 du 54 boulevard Raspail (Maison des Sciences de
l’Homme)
- Roscoff : 13 h devant la Station Biologique
- Toulouse : rassemblement Place du Capitole à 14 h 30, et constitution
d’une pyramide de thèses et de publications
"Un an après, l’introuvable autonomie universitaire", par G. Béréziat (Libération, 5/8/8).
Le classement de Shangaï 2007 (Les Échos).
"Les langues régionales ne sont-elles que littérature?", par Elisabeth Cestor (Rue89)
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Rapport d'activité 2007 de l'ANR
Pétition en Italie contre la loi D.L. 112/08 (universités)
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"Elections CNESER: des fraudes de grande ampleur" (communiqué Sud/Fse).
Suppression de 900 postes dans l'enseignement supérieur et la recherche (Le Monde, 21/7/8).
Lycée : la philosophie en phase terminale, par D. Carsin & P. Hayat (Libération, 10/7/8).
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