
Dans les Échos du 22/4/8 :
"L'Aeres convoite la Commission des titres d'ingénieur
En proposant à la CTI de l'absorber, l'Agence d'évaluation de la recherche s'attire les foudres des écoles d'ingénieurs. Le ministère tente de calmer le jeu.
Un épisode de plus dans la guerre plus ou moins larvée que se livrent universités et grandes écoles. Les tensions ont resurgi à l'occasion des pourparlers engagés depuis plusieurs semaines entre la Commission des titres d'ingénieur (CTI), qui habilite les écoles, et l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Aeres), en vue d'une collaboration.
Le président de l'Aeres, Jean-François Dhainaut, a, sans crier gare, rendu publique le 15 avril sa vision du rapprochement : la CTI deviendrait une « commission spécialisée » de l'Agence et le nombre de ses membres serait ramené de 32 à 14, tous nommés par le président de l'Aeres. L'Agence met en avant l'intérêt de faire appel à un « évaluateur national unique » dans le contexte de la construction d'un espace européen de l'enseignement supérieur.
« Garantir l'indépendance »
Du côté des écoles d'ingénieurs, l'initiative suscite un tollé. La CTI y voit une tentative d'« absorption pure et simple ». Elle souligne que la proposition de l'Aeres est « en totale contradiction » avec les dispositions législatives qui régissent la CTI, et qui ont été confirmées par le Parlement en 2003. Réaction hostile également à la Conférence des grandes écoles. Christian Margaria, son président, insiste sur la nécessité de « garantir l'indépendance de la CTI, tout en favorisant un partenariat fructueux avec l'Aeres ». Il propose à cet effet un partage des tâches susceptible de préserver les spécificités de la CTI, et notamment ses liens avec le monde des entreprises. Quant à la CDEFI, qui regroupe les directeurs d'écoles d'ingénieurs, elle affiche sa « surprise » et soutient elle aussi la volonté d'indépendance de la CTI. Elle suggère que « l'Aeres fasse d'abord ses preuves », notamment en travaillant pour la CTI.
Pour l'heure, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de Valérie Pécresse tente de calmer le jeu, soulignant qu'il est de « l'intérêt de l'ensemble des acteurs » d'aboutir à un dispositif d'évaluation « fiable et crédible », et qu'il est souhaitable pour cela que les deux organismes trouvent un terrain d'entente. Reste que le processus de rapprochement est aujourd'hui dans l'impasse. » — (J.-C. L.)
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