
Nouvel angle d'attaque sur la question de la réformation du secondaire et des écoles primaires : un sondage réalisé par le SNES FSU fait le point sur les aspirations et les critiques des enseignants, mis au pied du mur face aux propositions de réformes (le rapport Pochard) qui tombent chaque semaine et qui leur semblent majoritairement inadéquates. Le sentiment d'une dévalorisation de la profession paraît accru ; l' incompréhension croissante entre professeurs et membres de la commission domine.
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On pourra lire avec profit l'article de Veronique Soulé "Les enseignants entre déprime et colère malgré les propositions Pochard" publié dans le quotidien Libération du mardi 22 avril 2008, où elle rend compte des points d'attaque de ce sondage:
"Autonomie. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, a publié, la semaine dernière, les résultats d’un sondage. L’objectif est double : mesurer l’ampleur du malaise et connaître les réactions au rapport de la commission Pochard, mandatée par le ministre pour ébaucher des pistes de réformes. «Rarement on a vu un tel hiatus entre le sentiment de dévalorisation d’une profession et les propositions avancées pour le surmonter», résume l’Institut CSA. Quelque 93 % des enseignants - davantage dans le secondaire que dans le primaire - jugent leur profession dévalorisée. Lorsqu’on leur demande s’ils souhaiteraient changer de métier au sein de la fonction publique, près de la moitié (44 %) répond oui, dès maintenant.
Les réactions aux propositions de la commission Pochard, une base de travail pour le ministre de l’Education Xavier Darcos, sont en revanche toutes négatives. La majorité des enseignants est ainsi hostile à une autonomie accrue des écoles, pour les horaires de cours, les contenus, etc. Près des trois quarts refusent un rôle plus grand du chef d’établissement dans les affectations, les évaluations et les primes, une autre piste de la commission. «Les enseignants sont favorables à une tutelle réglementaire au niveau national, ils veulent garder une cohésion et redoutent une atomisation», commente l’institut de sondage. Quant au métier lui-même et aux rémunérations - le problème central - les solutions avancées ne sont pas, et de loin, à la hauteur des attentes. Les enseignants sont réticents à assumer plus d’heures supplémentaires, à faire davantage de présence dans l’établissement, même contre moins d’heures de cours, à pratiquer la bivalence (l’enseignement de deux disciplines), à être payés davantage au mérite… Autant de réformes envisagées par le ministre. (...)
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