
Il y a des lieux pour le réconfort, la religiosité, le merveilleux, l’émouvant, l’amplification lyrique, les bouffées sentimentales, les magies métaphoriques, l’éloquence discrète ou drapée, les formes versifiées de l’exaltation ou de la dépression, etc.
Certains appellent cela “poésie”. En compagnie de tous ceux qui pourraient fort bien se passer de ce mot-là s’il le fallait,
nous proposons Nioques. La révolution, c’est le style.
« Nioques » signifie que la poésie n’est pas une solution, que la poésie n’est pas ce que nous croyons, que la poésie n’a pas encore de nom, ou n’a et n’aura que des noms impropres. « Nioques » est donc un mot emprunté à Ponge, un de ces savants de l’extrême ignorance, comme l’étaient Rimbaud, ou Duchamp, ou Cage. Après quelques mois de disparition, Nioques revient, pour présenter et défendre, encore et encore, ces proses particulières, ces proses en proses dont les formes sont à inventer : objets spécifiques, dispositifs ou installations, verbales ou partiellement verbales, précisément peu ou pas identifiables. « Le problème est bien l’action commune d’individus libres, liés seulement par et pour cette liberté créatrice réelle ».
directeur littéraire : Jean-Marie Gleize comité de rédaction : Franck Fontaine, Jean-Marie Gleize, Virginie Lalucq, Nathalie Quintane, Patrick Sainton
Nioques,les Mots,le Reste
La revue Nioques,créée en 1990,voulait prouver («en actes») que les questions posées par les pratiques et recherches novatrices de la décennie 60-70 n’étaient en rienrésolues,et que l’abandon de certaines illu-
sions,militantes ou utopistes,ne signifiait en rienl’épuisement du désir d’invention et de résistance.L’atelier, ou le chantier,ou le laboratoire,restaient ouverts.Il s’agissait d’abord,et comme poussés par l’urgence,de
donner lieu à la création-critique,à l’écriture et à la fiction comprises comme travail de recherche,d’expérimentation,ou d’investigation.Et de laisser à côté,pour d’autres espaces,d’autres moments d’expression
théorique, tout le «reste». Rejoignant aujourd’hui une maison d’édition qui précisément se propose de faire se joindre et dialoguer Le mot et le reste,désireuse aussi bien de ne pas tenir la philosophie,l’esthétique,l’histoire et la critique sociale loin des gestes de la création,Nioquesentend, sans rien abandonner de son esprit d’aventure,contribuer utilement à la partition commune.
Jean-Marie Gleize
NIOQUES n°3
Sommaire: Gertrude Stein (traduction de Martin Richet), Isabelle Giovachini, Bernard Noël, Gwenaëlle Stubbe, Jérémie Gindre, Bruno Lemoine, Alexandra Bougé, David Lespiau, Cyrille Martinez, Anne James
Chaton, Franck Leibovici.
Bulletin d'informations proustiennes, 38
Études Littéraires vol. 39 no 2, Esthétiques de l'invective
Cahiers Georges Hyvernaud, second numéro spécial
Cités n°33, 2008: Paul Ricœur : interprétation et reconnaissance
Image et pathologie au XIXe siècle, Cahiers de littérature française n°VI
Critique n°732 : Bergson en bataille
Revue internationale des livres et des idées, n°5, mai-juin 2008
Langues et cultures de l'antiquité : manifeste pour une Nouvelle Frontière, revue Cause commune n°3
Humoresques n° 27 « Faire rire : mode d’emploi »
Europe, mai 2008: Adorno/Bloch, Lyotard
Nineteenth Century French Studies, vol. 36, no 3-4 (printemps-été 2008)