

Les ravages de la "modernisation" universitaire
Syllepse
Collection "La politique au scalpel"
Coordinateurs:
Charle Christophe
Soulié Charles
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Parution :
Pages : 292 pages
Format : 13x21
ISBN : 978-2-84950-15-28
Table des matières
Avertissement
Introduction. Universités françaises et universités européennes face au défi de Bologne
Christophe Charle
«L’économie de la connaissance», le nouveau management public et les politiques de l’enseignement supérieur dans l’Union européenne
Chris Lorenz
La convergence européenne en Espagne: le risque d’une fausse solution
Ana Rioja et Nuria Sánchez Madrid
L’Université italienne entre marché, formations professionnelles et pouvoir politique
Marco Pitzalis
L’enseignement supérieur allemand: rhétorique d’autonomieet blocages systémiques
Jürgen Schriewer
La Grande-Bretagne à la croisée des chemins: entre volonté politique et logique économique
Cécile Deer
L’Université grecque : paradoxes et problèmes majeurs
Stephanos Pesmazoglou
Le « LMD » en France : loin de l’utopie de l’universitas médiévale, les effets d’une réforme économique libérale
Frédéric Neyrat
Massification, professionnalisation, réforme du gouvernement des universités et actualisation du conflit des facultés en France
Brice Le Gall et Charles Soulié
Abandon des études universitaires et insertion professionnelle des étudiants en France
Jean-Luc Primon
La libéralisation de l’enseignement supérieur au Japon
Christian Galan
Les universités japonaises sont-elles mortes?
Shigeru Okayama
Présentation
Depuis plus de vingt ans, et en particulier depuis la déclaration de Bologne, la transformation des universités en Europe rassemble des hommes politiques de bords opposés et un petit nombre des universitaires qui en tirent partie. Les résultats ont pourtant tout pour inquiéter : imposition de recettes à peine adaptées des entreprises, exagération sans mesure des exigences de la professionnalisation, sélectivité accrue, concurrence entre établissements, hiérarchisation entre universités, obsession pour la rentabilité financière de l’investissement éducatif, sans oublier la précarisation des statuts d’enseignants et de chercheurs.
La comparaison conduite par des universitaires d’origine géographique différente montre l’inspiration néolibérale partagée qui hante les initiatives en apparence éclatées (à l’exemple de la récente loi française sur les libertés des universités). Le modèle universitaire privé nord-américain qui se heurte aux conditions spécifiques de chaque pays n’est pas exportable. Il favorise, au contraire, un véritable renversement de la table des valeurs académiques.
Ce diagnostic informé d’enseignants qui croient encore aux vertus critiques du savoir laisse crûment apercevoir les illusions et les faux débats du discours officiel ambiant.
Les auteurs :
Christophe Charle est professeur d’histoire à l’université Paris 1-Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France. Charles Soulié est sociologue à l’université Paris 8-Saint-Denis.
* * *
On peut lire sur le site nonfiction.fr un premier article sur cet ouvrages: "Horreurs de l'université libérale" par Laurent Bouvet:
" Cet ensemble de contributions principalement issues d’un colloque organisé en février 2006 par l’ARESER (Association de réflexion sur les enseignements supérieurs et la recherche, créée à l’initiative de Pierre Bourdieu en 1992 et aujourd’hui dirigée par Christophe Charle) présente deux intérêts majeurs dans le cadre du débat actuel sur l’université : le caractère international des contributions (Espagne, Italie, Allemagne, Angleterre, Grèce, Japon et France) et l’affichage, au-delà du diagnostic critique établi par ses auteurs, notamment sur la France, de préférences politiques marquées dans ce débat.
Si toutes les contributions vont dans le même sens malgré la différence des contextes nationaux, à savoir la critique d’une dérive "libérale" (parfois encore appelée "néolibérale") de l’enseignement supérieur (des universités avant tout) en raison d’une incitation très forte de la part des gouvernements nationaux et des organisations internationales (Union européenne, OCDE…) à la professionnalisation des cursus et à la séparation des niveaux d’études entre Licence (3 ans après le bac) et Master/Doctorat (5 et 8 ans) due au processus dit "de Bologne", il n’en reste pas moins que ce sont les chapitres consacrés à la France qui sont les plus emblématiques de la démarche critique proposée ici – et par l’ARESER en général."
Et sur le site de SLR:
Chronique des ravages annoncés de la "modernisation" universitaire en EuropeRevue Médium n°16-17 : L'Argent maître (Sous la direction de Régis Debray)
Oroonoko prince et esclave. Roman colonial de l'incertitude (Jean-Frédéric Schaub)
Romantisme et révolutions. Les entretiens de la Fondation des Treilles. (Daniel Couty & Robert Kopp)
Furetière. La démocratisation de la langue (François Ost)
L'Empire des émotions. Les historiens dans la mêlée (Christophe Prochasson)
La Tentation de l'impossible. Victor Hugo et les Misérables (Mario Vargas Llosa)
L'iconographie médiévale (Jérôme Baschet)
Camille Claudel. De la vie à l'oeuvre. Regards croisé (Silke Schauder)
Emile Benveniste: l'invention du discours (Gérard Dessons)
Echolalies. Essai sur l'oubli des langues (Daniel Heller-Roazen)
F. Botting, Limits of Horror. Technology, Bodies, Gothic
S. R. Wilson, Myths and Fairy Tales in Contemporary Women's Fiction. From Atwood to Morrison
H. M. Pabel, Herculean Labours: Erasmus and the Editing of St. Jerome's Letters in the Renaissance
O. Jaeggi, Die griechischen Porträts. Antike Repräsentation - Moderne Projektion
M. Cooke, E. Göknar, G. Parker (ed.), Mediterranean passages : readings from Dido to Derrida
Imagines: La Antigüedad en las Artes Escénicas y Visuales
R. Bertolín Cebrián, Singing the dead : a model for epic evolution
C. Aceti, D. Leuzzi and L. Pagani, Eroi nell'Iliade : personaggi e strutture narrative
Writing Medieval Biography, 750-1250 . Essays in Honour of F. Barlow
G. B. Shand (ed.), Teaching Shakespeare. Passing It On
C. Ginzburg, Il filo e le tracce. Vero falso finto
N. Zemon Davis, Le Retour de Martin Guerre (préface de C. Ginzburg)