
Auteur de La nouvelle question scolaire, récemment paru (Paris, Seuil, 2007) , Éric Maurin expose dans un article publié sur le site laviedesides.com la solution préconisée par le chapitre XI de cet ouvrage (« La réforme du financement de l’enseignement supérieur »), sous le titre
"Université, un autre financement est possible."
Comment augmenter le nombre de diplomés pour faire face "à la nouvelle division internationale du travail" sans alourdir la pression fiscale ni augmenter les frais d'inscription?
La solution a le mérite de la simplicité:
"Il s’agirait de faire contribuer, non pas les étudiants à l’orée de leur scolarité universitaire, mais les anciens étudiants, une fois qu’ils sont devenus diplômés du supérieur et qu’ils se trouvent dans une période de leur vie professionnelle où le remboursement progressif de leurs études ne leur pose plus de problèmes financiers. Dans la mesure où ils ont réussi leur intégration professionnelle grâce à leur diplôme, l’idée est qu’il est à la fois légitime et réaliste de leur demander une contribution pour assurer la pérennité des institutions qui les ont formés ainsi que le sort de ceux qui leur ont succédé.
[…]
Pour préciser le mécanisme proposé ici, prenons un exemple. Imaginons un étudiant en biologie qui achève avec succès sa formation universitaire après plusieurs années d’études. Quelques mois après être sorti de l’université, il trouve un emploi à durée déterminée dans un laboratoire d’analyses médicales. Au terme de quelques mois encore, il signe avec son employeur un contrat de travail à durée indéterminée pour une rémunération mensuelle équivalent à deux fois le salaire minimum. Sa situation professionnelle est ainsi stabilisée. À partir de ce moment, un certain pourcentage de son salaire (qui peut être progressif en fonction de la rémunération) lui sera prélevé pendant quelques années pour contribuer au financement de l’université qui lui a permis de se former et de trouver un emploi. S’il perd son emploi, ce dispositif s’interrompt jusqu’à ce qu’il ait retrouvé une situation professionnelle stable."
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15 Mai 2008 dans l’enseignement supérieur et la recherche (France).
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