

Effets de style au Moyen Âge
Appel à communications
L’équipe du CUER MA organise les 29, 30 et 31 mai 2008 un colloque international et pluridisciplinaire intitulé « Effets de style au Moyen Âge » qui se tiendra à l’Université de Provence.
Pour ce nouveau colloque, nous voudrions interroger la notion de « style » telle qu’elle s’applique à la littérature médiévale (dans tous ses genres traditionnellement recensés du XIIe au XVe siècle), à l’archéologie et à l’histoire de l’art (architecture, musique, peinture, décoration, glyptique, orfèvrerie, tapisserie, vitrail, sculpture, etc…). Il s’agira de réfléchir dans deux directions complémentaires :
Première direction : méthodes d’analyse.
Le questionnement portera sur les moyens et les méthodes qui ont été utilisés et qui seraient à mettre en œuvre pour analyser un style. En particulier, on se demandera à quelles conditions il est possible de penser une discipline qui reste encore à fonder telle que la « stylistique médiévale ». Quels sont, aujourd’hui, les obstacles épistémologiques à un tel projet ? A ce propos, on remarque que les études du style en littérature comme en histoire de l’art ont pu prendre deux directions apparemment antithétiques.
Dans une perspective historiciste, la notion de style a été et est encore un instrument taxinomique servant à classer les productions artistiques dans le temps, l’espace et au sein d’une société donnée en vue de constituer une histoire de la littérature ou de l’art. L’adoption de ces postes d’observation montre que, envisagé de ce point de vue, le style relève d’une logique identitaire dont il serait l’expression : il permettrait de distinguer un individu d’un groupe social, un groupe social d’un autre, une période d’une autre, une région d’une autre. Mais dans quelle mesure ce type d’approche permet-il de rendre compte de la notion de style en tant que trait définitoire d’une œuvre et pas seulement d’une instance socio-historique (« auteur », « atelier », « monastère », « cour », « groupe linguistique ») ?
Si l’on se situe en revanche dans une perspective esthétique, le choix formel opéré par tel artiste ou tel atelier peut-il être l’unique objet de l’analyse ? En effet, dans tous les arts médiévaux règne une hétérogénéité qui oblige à s’interroger sur l’unité du style (faut-il parler du style ou des styles d’une œuvre ?) En outre, comment rendre compte des facteurs qui, bien souvent, sont à l’origine de cette hétérogénéité stylistique ? On pense par exemple au poids de la tradition, à la transmission du savoir-faire, au rôle central de la mémoire, aux régionalismes, à la mouvance des textes, à la variance, aux variantes et variations, à la circulation de modèles au sein des corps de métier, aux remplois, aux importations de styles exotiques ou exogènes, aux mélanges des genres, des formes, aux récritures, aux constitutions de « cycles », de recueils, aux restaurations des œuvres, au désir d’archaïsme aussi bien médiéval que post-médiéval, etc… Quelle est la part respective de contingence, de trait de mentalité et de choix formel dans la constitution de cette hétérogénéité stylistique propre au Moyen âge ?
Seconde direction : définitions et terminologie.
De façon plus large et plus cruciale, il faudra se pencher sur les définitions données et à donner du style dans les domaines littéraires et artistiques.
En effet, comment définir un style dès lors qu’on prend en considération les réalités techniques, historiques, socio-économiques, culturelles ? Peut-on distinguer un style d’un autre sur le seul critère formel ? Comment rendre compte des « variantes » et de l’« invariant » ? Existe-t-il un principe de convergence qui ferait clairement émerger un style ? Tout est-il style dans une production artistique ? Les œuvres sont-elles pourvues de propriétés non-stylistiques ? Que suggère l’emploi du mot style lorsqu’on étudie une production artistique (en l’occurrence médiévale) : la recherche d’une « originalité » ? D’une « inventivité singulière » ? Ou la recherche de modes d’expression propres à un groupe social, une période, une région ?
La question de la dénomination n’est pas non plus anodine : quels sont les présupposés scientifiques et idéologiques de la terminologie adoptée lorsqu’on qualifie un style ? Qu’implique de parler de style « roman », « sublime », « noble », « poétique », « dépouillé », « régional », « recherché », « dramatique », « précieux », « réaliste », etc. ?
Certes, une fois constitué l’objet d’analyse, les réponses apportées à ces questions de définition et de méthode varient d’une discipline à l’autre. Mais elles s’éclairent aussi les unes les autres. Croiser critique historique et approche formelle devrait également permettre des redéfinitions et des approches nouvelles. Les journées de ce colloque, qui a été précédé d’une journée d’études (le 19 octobre 2007) et a rassemblé des spécialistes de différentes disciplines, ont donc pour ambition de montrer le bénéfice qu’il y a à tirer de tels échanges entre champs disciplinaires et positions critiques.
Les formulaires d'inscription de communication sont à envoyer avant le 31 décembre 2007. Ils sont disponibles sur le site du CUER MA.
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