Fabula, la recherche en littérature (debats)

Mort de poète indien Bhattacharya

Divers

Information publiée le dimanche 15 avril 2001 par Alexandre Gefen (source : Le Matricule des Anges)


Annonce de notre confrère, l'excellente revue Le Matricule des Anges :

Le poète indien d'origine bengalie Lokanath Bhattacharya est mort samedi en Egypte après un accident de voiture. Invité à participer au Caire au «Printemps des poètes», l'écrivain, qui habitait à Paris depuis une quinzaine d'années, revenait d'une visite aux Pyramides lorsque son véhicule a chuté dans un canal longeant le Nil. Auteur notamment de La Descente du Gange, Le Sacrifice du cheval et Les Marches du vide, Bhattacharya a construit une oeuvre discrète et d'une rare beauté où la violence charnelle se mêle à une inoxydable ferveur prophétique. Depuis Pages sur la chambre (1976), ses recueils sont autant de variations sur l'exploration des infinis. Attentif aux êtres, aux choses, mais aussi obsédé par le silence, Bhattacharya cherche dans la langue une réponse à ce qui le hante : la perception d'une réalité à jamais fuyante. L'attente, l'inachèvement, l'impuissance, l'interrogation face au destin sont des thèmes récurrents. Cet univers parfois noir, surtout flamboyant, à l'essence métaphysique, a fait de lui, selon ses propres mots, «le cousin bengali d'Henri Michaux» . Ce dernier le lui a du reste bien rendu. C'est grâce à l'auteur de Connaissance par les gouffres que son oeuvre s'est fait connaître en France et à l'étranger. «Je lui dois tout», reconnaissait dernièrement Batthacharya. Né à Bhatpara en 1927 -son père enseignait le sanskrit- le poète a fait ses études de lettres à Shantiniketan, l'université fondée par Tagore, avant de rejoindre Calcutta. Homme d'une grande modestie, mélomane averti, admirateur de la littérature française (hormis Michaux, il a traduit Descartes, Rimbaud, Char...), il fut également le directeur du Livre en Inde de 1982 à 1985. Son oeuvre est aujourd'hui en partie disponible chez Christian Bourgois, Le Rocher, Fata Morgana ou Le Bois d'Orion.


Citer


Fil d'information RSS