Fabula, la recherche en littérature (debats)

Appel de "Sauvons la Recherche" / réunion publique

Points de vue et débats

Information publiée le samedi 28 avril 2007 par Vincent Ferré (source : Sauvons la Recherche)


"Pour sauver la recherche et l’université, utilisez aussi votre bulletin de vote."

Sauvons la Recherche (SLR) s’est constitué en 2004 pour réagir à la mise en péril de la recherche publique française causée par la baisse drastique des crédits et des recrutements imposée par le gouvernement. Notre action a fait découvrir au grand public les difficultés des laboratoires et des chercheurs français, la misère des universités et la crise qui nous attend si les jeunes se détournent de la recherche. Elle a permis l’élaboration, longue et démocratique, en association avec un grand nombre de scientifiques du pays, de propositions innovantes présentées lors des Etats Généraux de la Recherche en octobre 2004.

Nous donnons ici le texte diffusé par SLR, qui entend ainsi participer aux débats de l'entre-deux tours de la Présidentielle:


"Après avoir laissé pourrir la situation, le gouvernement a imposé en 2006 un "Pacte pour la recherche" prenant le contre-pied de ces propositions : programmation en stagnation des moyens de la recherche publique, création de structures bureaucratiques pilotées par le gouvernement, part grandissante des financements de court terme, absence de perspective stable donnée aux jeunes chercheurs, subventions publiques massives à la recherche privée sans évaluation de ses retombées. Lors de la discussion de cette loi, de nombreuses propositions faites par "Sauvons la Recherche" concernant le financement des organismes de recherche, la mise en place d’un plan pluriannuel pour l’emploi, la pression faite sur les entreprises (via des mesures fiscales) pour embaucher des docteurs... ont reçu le soutien de nombreux parlementaires du PCF, des Verts, du PS et même de l’UDF. L’UMP présidé par N. Sarkozy et le gouvernement, dont il était le numéro deux, se sont opposés à ces mesures.

Avant ces élections présidentielles, SLR a de nouveau fait connaître ses propositions, organisé des débats, interrogé les candidats et rendu publiques leurs réponses (http://recherche-en-danger.apinc.org).

Nicolas Sarkozy persiste et signe. Il propose, dans la continuité de l’action qu’il a menée pendant cinq ans, d’amplifier la logique du « Pacte pour la recherche » avec une généralisation du financement par projet, ce qui signifie donner la priorité à une recherche à court terme sur des thématiques que le gouvernement croit les plus rentables, au risque de passer à côté des grandes avancées scientifiques à venir et de sacrifier des disciplines sans applications industrielles, mais pourtant essentielles pour l’intelligence du monde dans lequel nous vivons. En cohérence, il propose de créer des contrats de cinq ans pour les docteurs, sans engagement sur des emplois permanents, ce qui dissuadera les meilleurs étudiants de s’engager dans une carrière scientifique trop peu reconnue. Sa conception de l’autonomie des universités, en associant directement l’entreprise à la gouvernance et au financement des universités, ne peut qu’accroître les inégalités territoriales et la sélection sociale au détriment de l’autonomie réelle des universités et de la recherche. S’il annonce un accroissement des moyens des universités, rien de tel pour la recherche. Dans sa vision, les EPST, tels le CNRS ou l’INSERM, qui ont joué un rôle essentiel dans le développement de la recherche française, se verront dorénavant cantonnés à un rôle d’agence de moyens, sans politique scientifique propre.

Enfin, peut-être plus gravement encore, ses déclarations péremptoires sur la détermination génétique de la pédophilie ou du suicide des jeunes, mais aussi ses propos sur les limites des sciences humaines et sociales (« Mieux vaut admettre qu’il y a là une part de mystère irréductible plutôt que de rechercher des causes ») ne peuvent qu’inquiéter les hommes et les femmes de science, et les citoyens.

En face de ce projet, celui de Ségolène Royal, même s’il ne reprend pas toutes nos propositions, avance un certain nombre de mesures qui montrent clairement qu’une partie importante de nos arguments a été entendue : remplacement du Pacte par une nouvelle loi négociée, programmation d’un accroissement annuel de 10% du budget, statut du doctorant, création d’emplois et lutte contre la précarité, rôle central des organismes et des universités dans le financement de la recherche, importance du progrès des connaissances, engagement fort pour la démocratisation de l’accès et du succès à l’université, volonté de développer la recherche industrielle en redéployant et conditionnant les aides de l’Etat au privé. Ses propositions sur l’éducation, la formation, la démocratie vont dans le bon sens.

Certes, le bilan en matière de recherche et enseignement supérieur des années où la gauche était au gouvernement a des aspects critiquables. Mais en comparaison avec les cinq dernières années ou avec la période 1993-1997 (voir le graphique provenant de la revue internationale Nature, en ligne sur le site), le bilan est clair. Or nous ne souhaitons pas juger sur les intentions, mais sur les faits attestés.

En lançant à l’automne 2006 le débat sur la recherche et l’enseignement supérieur avec les présidentiables, SLR souhaitait que les propositions des Etats-Généraux figurent en bonne place dans les programmes des candidats. Or nous sommes aujourd’hui en face de deux projets très différents qui auraient des conséquences totalement opposées sur le futur de la recherche et de l’enseignement supérieur. Même si son projet est perfectible, nous pensons que Ségolène Royal dessine une ambition renouvelée pour la recherche et l’enseignement supérieur, alors que Nicolas Sarkozy programme leur déclin par des mesures que nous jugeons profondément destabilisatrices.

La recherche et l’enseignement supérieur sont des enjeux essentiels pour l’avenir de notre société, tout le monde en convient. Nous appelons donc toute la communauté académique et l’ensemble des citoyens à ne pas les oublier quand ils voteront dimanche. Quelle que soit l’issue de ces élections, SLR continuera bien sûr à agir pour l’enseignement supérieur et la recherche, et à se battre pour faire appliquer les propositions des Etats Généraux.

C’est aujourd’hui qu’il faut sauver la recherche, dans 5 ans ce sera trop tard  !

Le CA de Sauvons la recherche"
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Lundi 30 avril à 11h30, une conférence de presse/réunion publique aura lieu au cours de laquelle Sauvons la Recherche exposera sa position face à l'échéance politique du second tour de la présidentielle. D'ores et déjà je vous communique le texte que nous diffuserons à cette occasion (ci-dessus).

Au cours de cette réunion publique, des scientifiques de premier plan feront connaitre également publiquement leur position, ce qu'ils n'avaient pas fait auparavant pour plusieurs d'entre eux. Sont notamment attendus:

André Brahic, astrophysicien, prix Jean-Perrin 2006 de la Société Française de Physique, directeur du laboratoire Gamma-gravitation
Alain Fischer, immunologue, directeur de l’Institut des maladies rares
Axel Kahn, généticien, directeur de l’Institut Cochin, médaille d’argent du CNRS
Christine Petit, Professeur au Collège de France, Chaire de génétique et physiologie cellulaire
Thomas Piketty, économiste, Directeur d'Etudes à l'EHESS
Dominique Wolton, directeur de l'Institut des Sciences de la Communication du CNRS


La réunion aura lieu lundi 30 avril à 11h30 au Centre des Cordeliers, 15, rue de l’École de médecine, Paris 6ème. Elle est ouverte à tous. Les informations seront actualisées sur la page :
http://recherche-en-danger.apinc.org/spip.php?article1572


Texte adopté par le CA de SLR, disponible à l'adresse :
http://recherche-en-danger.apinc.org/spip.php?article1573


Points de vue et débats :

"Il est temps d'étendre et de renforcer la mobilisation". Appel de Gennevilliers et Villeneuve-la-Garenne  + communiqués (mars 2010)

Lettre-manifeste du lycée Pierre d'Aragon du Muret (31) demandant l'abandon de la mastérisation et le retrait de la réforme du lycée

Mastérisation: appel du Conseil d'Ecole de l'IUFM Célestin Freinet (Nice) + motion des formateurs de l'Iufm de Paris (10/03/10)

Les demandes des universitaires viennois, par C. Denker (SLR 08/03/10)

Le "Plan Banlieue" et la région Île-de-France financent le lycée Jean-Paul II de Sartrouville (Bakchich info, 02/03/10)

La DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft) revient à l'évaluation qualitative

Verbatim de la 9e séance du séminaire "Politiques des sciences": Le rapport Maurel: mise en conformité des SHS?

La grande mutation. Néolibéralisme et éducation en Europe (I. Bruno, P. Clément, C. Laval)

"Ce qu'autonomie veut dire…" Lettre de J.-F. Bayart (CNRS) à V. pécresse (Agora 08/03/10)

"Quelques remarques sur une agence qui fâche : l'AERES" - document du C3N (04/0310)

Mastérisation: motion de l'UFR d'histoire de l'Université Paris 1 (02/03/10)

Mastérisation: Déclaration du département des Sciences de l'Antiquité aux Conseils de l'Université de Provence (05/03/10)

"ZEP : le grand bal des données disparues" (Quelle école pour demain? 03/03/10)

Motion du département d'Anthropologie de l'Université Paris 8 à propos de l'Obligation à Quitter le Territoire Français adressée à Salif Mandela Djiré (mars 2010)

12 mars 2010: grève, manifestations, rassemblements et AG

Bologna burns: infos pratiques pour le contre sommet du 11 au 14 mars 2010 + "basic discussion"

Mastérisation & LMD: Lettre de W. Bertram, sur sa démission de responsable de la spécialité "recherche" du Master de mathématiques à Nancy (06/03/10)

"La réforme des lycées contre les sciences sociales" (CVUH 04/03/10)

"Grève européenne". Appel à mobilisation en mars 2010 (reseau.europe.eu)

Mastérisation: lettre de N. Petiteau (professeur d'Histoire) à L. Carroué, IG d'Histoire et Président du Capes (mars 2010)

Mastérisation: motion du CA de l'Université de Strasbourg  (23/02/10)

Consultation sur les nouveaux programmes - Histoire-Géographie et enseignements d'exploration (dossier màj 06/03/10)

Un doctorant de Paris 1 placé en centre de rétention en vue de son expulsion (AFP 06/03/10)

Motions concernant les "primes d'excellence scientifique" (SLU)

[mastérisation] Motion contre la remontée des maquettes MEF, UFR Sciences Humaines et Arts de Poitiers


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