Dépêche n°
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Paris, Mardi 7 novembre 2006, 17:24:00 Arnaud Lavorel -
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Domaine : Enseignement supérieur - Recherche
Rubriques : RechercheUniversités
Recherche en SHS: des représentants de 16 universités européennes publient un "manifeste du doctorant"
"Dans le domaine des lettres et sciences humaines, beaucoup de progrès sont encore à faire pour que la coopération universitaire fonctionne pleinement au niveau européen." C'est sur ce constat que des doctorants, post-doctorants, chercheurs et enseignants-chercheurs de 16 universités européennes ont rédigé la semaine dernière un "manifeste du doctorant en Europe en lettres et sciences humaines", à l'occasion d'une rencontre organisée par deux écoles doctorales (ED 370 et 375) des universités Clermont-II et de Limoges les 3 et 4 novembre dernier. Dans ce document en 10 points, qui devrait être traduit en 4 langues, les auteurs réclament notamment "que la part allouée à des projets de recherche et de coopération" dans le domaine des lettres et sciences humaines soit "consolidée et renforcée" pour éviter une "marginalisation" de ce secteur. Ils demandent également que des mesures soient prises pour encourager la mobilité doctorale en Europe ou encore que soit envisagée la création d'un doctorat européen en LSH (lettres et sciences humaines).
Les auteurs du manifeste estiment plus généralement qu'il est "urgent" d'aboutir à une "harmonisation" des formations et de leurs "règles de fonctionnement en termes de financement, de durée des thèses, de politique de mobilité et de souci d'insertion professionnelle des doctorants". Pour accroître les opportunités d'insertion, les auteurs plaident pour la création d'une "plate-forme électronique européenne pour les doctorants qui leur permettrait d'avoir en permanence accès à tous les renseignements dont ils ont besoin afin de mieux se repérer dans la diversité des systèmes et d'être plus au courant des opportunités qui leur sont offertes". Ils estiment en effet que "la perspective d'une insertion dans l'espace doctoral européen devrait être clairement inscrite dans la formation doctorale en Europe".
ASSOCIATION EUROPÉENNE DES DOCTORANTS
Le manifeste réclame par ailleurs des "mesures d'assouplissement" dans "toutes les universités" pour la mise en place de cotutelles, "appelée[s] à se multiplier au niveau européen". Ils proposent également "la création de réseaux de coopération doctorale européenne et d'une association européenne des doctorants et des anciens doctorants, afin que les chances de l'insertion dans l'espace européen de la recherche augmentent aussi bien au niveau doctoral que sur le plan d'une politique post-doc encore largement à construire dans le domaine des lettres et sciences humaines". Sur ce dernier point, les cosignataires soulignent que les LSH "sont en retard sur ce plan par rapport aux disciplines scientifiques".
Parallèlement aux mesures susceptibles d'encourager la mobilité doctorale, les auteurs estiment "urgent de mettre en place les conditions financières et structurelles d'une mobilité plus grande des chercheurs et enseignants-chercheurs, accompagnée de toutes les mesures d'assouplissement nécessaires en termes de statuts, salaires, retraites et conditions de retour". Plus généralement, ils plaident pour "une pratique d'ouverture à tous les niveaux, du niveau européen transnational au niveau des universités et même dans la définition des postes et des règles de recrutement, dans le respect de la charte européenne du chercheur".
Jean-Pierre Dubost, directeur de l'école doctorale "lettres, sciences humaines et sociales" de Clermont-II, assure que, contre toute attente, les "points de convergence sont apparus très vite" entre les participants bien que les situations soient différentes en Allemagne, au Royaume-Uni, en France, en Italie et en Suisse. Comme exemple de ces différences, il cite l'attitude de la communauté des LSH britannique au moment du lancement de l'appel à réflexion sur les axes spécifiques du 7ème PCRD (programme-cadre de recherche et de développement) par la Commission européenne: "la British Academy a répondu très vite alors que du côté français, il n'est quasiment rien arrivé". Jean-Pierre Dubost souligne que les Britanniques sont bien accoutumés au fonctionnement de l'appel à projets et très rodés sur les mécanismes de demande de financement.
Les auteurs de ce manifeste proviennent de 6 universités allemandes (Regensburg, Brême, Stuttgart, Constance, Potsdam et Berlin), 5 universités britanniques (Londres, Manchester, Durham, Exeter, Middlesex), 2 universités italiennes (Cassino et Bergame), de l'université de Genève ainsi que des deux écoles doctorales françaises organisatrices de la manifestation.
Contact: Jean-Pierre Dubost, directeur de l'ED 370, 04 73 34 68 25, j-pierre.dubost@univ-bpclermont.fr
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