

Apologétique 1670-1802 : la nature et la grâce
Metz, CAEPR, 16 et 17 octobre 2008
De 1670 à 1802, de Pascal à Chateaubriand, fleurissent nombre d'apologies, générales ou particulières. Le genre bénéficie d'un double renouvellement : d'une part grâce à l'apport de la connaissance historique, qui ouvre une nouvelle approche des textes saints, et déplace le front de l'argumentation du plan de la spéculation métaphysique au plan de l'analyse des faits ; d'autre part grâce aux controverses qui se multiplient à l'intérieur comme à l'extérieur du monde chrétien. Les débats théologiques, ouverts par des spécialistes, trouvent un écho dans la société en ce qu'ils recouvrent des oppositions idéologiques et tiennent lieu de marquages identitaires. L'apologétique, science de la preuve, prétend se guider sur la seule nature ; en réalité elle appuie sa légitimité sur une obscure transition qui mènerait le sujet de la conviction à la foi. Les deux ordres, nature et grâce, dissociés ou associés selon les cas, manifestent la puissance d'un dispositif rhétorique qui, en niant son altérité, fait violence à l'adversaire et prétend le ramener à l'unique voie.
En tirant parti des études monographiques et des synthèses déjà réalisées, ce colloque propose une approche pluridisciplinaire de l'apologétique classique : théologie, philosophie, histoire des idées religieuses, histoire littéraire doivent collaborer à la définition d'un genre hybride, à la description de son évolution sur la période, à l'évaluation de sa perméabilité à l'esprit du temps. A côté des grands traités d'apologétique qui ont imposé une conception nouvelle de la preuve, on ne manquera pas de faire une place aux innombrables apologies en forme de dialogues, lettres voire romans, sans oublier les manuels utilisés pour la formation des clercs ni les sermons. Le choix d'un genre et d'un public n'est pas sans incidence sur la nature du propos : infléchissements, accentuations ou accommodements, ces modifications parfois imperceptibles méritent d'être évaluées. Enfin il serait intéressant de voir quel accueil la littérature fait au débat apologétique, comment elle en assimile certaines formes, comment elle en déplace certains enjeux, comment elle en retourne l'argumentaire pour lui donner une portée anti-chrétienne, comme dans le cas de la littérature clandestine.
Coordination : Nicolas Brucker
Maître de conférences
littérature française XVIIIe-XIXe siècles
Les propositions de communication (un titre ; un résumé de 10 lignes précisant notamment le corpus exploité ; les coordonnées complètes de l'intervenant - nom, statut, institution, adresse postale) sont à envoyer par courriel à brucker@univ-metz.fr avant le 15 septembre 2007.
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