


Agnès Castiglione, Pierre Michon
un livre-CD
Culturesfrance Éditions – Textuel, cill. "Auteurs", avril 2009
Texte de la quatrième de couverture :
Un CD audio d'archives sonores, des documents visuels, un essai critique : une triple approche pour une plongée vivante et argumentée dans la littérature française contemporaine.
Tel est le parti pris de la collection « Auteurs ». Elle a pour ambition de donner accès aux ressorts intimes de la création littéraire, à ses questionnements, à ses hésitations.
Pierre Michon a donné de nombreux entretiens qui font entendre une voix, vraie, simple et forte, celle d'un écrivain nourri des grands textes dont il renouvelle l'approche de façon toujours ample, précise et lucide. Le présent entretien avec Colette Fellous est rare par ses inflexions plus nettement autobiographiques qui trouvent de nombreux échos dans l'essai d'Agnès Castiglione. C'est l'inoubliable présence de cette voix — dubitative, fraternelle ou plus pathétiquement personnelle — qu'elle a souhaité faire entendre dans le rythme et la scansion d'une écriture de l'apparition étonnamment riche, au fil d'une analyse en quatre temps qui conduit de l'invention du minuscule à la figure du Roi.
Un CD audio est joint à ce livre : « Entretiens avec Pierre Michon » : Pierre Michon / Colette Fellous, « À voix nue. Grands entretiens d'hier et d'aujourd'hui », France Culture, 2002, un enregistrement des archives de l'INA.
Agnès Castiglione est maître de conférences en littérature contemporaine à Saint-Étienne. Elle a publié et dirigé des ouvrages sur Jean Giono et Pierre Michon dont elle a récemment édité un volume d'entretiens. Ses travaux se sont également intéressés à Gérard Macé, Olivier Rolin, Patrick Modiano, François Truffaut…
Extrait de l'essai d'Agnès Castiglione :
Colère et charité. Ces deux termes que Michon associe dans la fabrique du texte disent l'enjeu de l'entreprise : une violence attaquant le verbe, la colère créante dirait Bachelard, sublimée en désir d'oeuvre et en don, partageable donc comme le manteau de saint Martin ; ou encore l'appétit limousin transmué très véridiquement en générosité comme le dit Michon de François Corentin, le père du peintre des Onze. Certes, le Roi vient quand il veut… L'oeuvre de Pierre Michon, fulgurante, est constamment menacée par le silence, mais, toujours à la recherche d'elle-même, elle poursuit une quête qui n'est pas dénuée d'héroïsme. Il arrive pourtant que le Roi vienne et, pour le fabuleux bonheur du créateur comme du lecteur, la délivrance, la liberté portent alors le texte, hors de toute loi, dans les étoiles. Ce lointain éthéré vers lequel on monte, pour lequel on écrit, c'est celui que rejoint le principicule hors-la-loi qui logeait en Joseph Roulin et qui, à la fin, bondit dans le bleu. À lire Pierre Michon, dans l'émoi et l'émerveillement qu'il prodigue toujours si intensément à son lecteur, la joie nous vient et nous pensons avec François Corentin, son ancien compatriote limousin, que l'écrivain sert à quelque chose, qu'il est — même et surtout s'il éprouve la pénible certitude d'être une taupe — le sel de la terre :
« un esprit — un fort conglomérat de sensibilité et de raison à jeter dans la pâte humaine universelle pour la faire lever, un multiplicateur de l'homme, une puissance d'accroissement de l'homme comme les cornues le sont de l'or et les alambics du vin, une puissante machine à augmenter le bonheur des hommes. »[1]
[1]
Pierre Michon, Les Onze, Verdier,
2009 (extrait du chapitre 3).
Verlaine, Romances sans paroles (éd. Arnaud Bernadet)
Sandrine Dubel et Alain Montandon (dir.), Mythes sacrificiels et ragoûts d'enfants
Jules Verne, Voyages extraordinaires (éd. J.-L. Steinmetz)
T. Karsenti, Le Mythe de Troie dans le théâtre français (1562-1715)
J. Verne, Les Enfants du capitaine Grant – Vingt mille lieues sous les mers
S. Courant, Approche anthropologique des écritures de voyage
M. Bandello, Novelle / Nouvelles III, 2e part., VI-XXXVIII
J. Pigeaud, Les Loges de Philostrate
L. Bolard, Le voyage et le séjour des peintres en Italie au XVIIe s.
J. N. Bremmer, La religion grecque (rééd.)
H. M. Enzensberger, Culture ou mise en condition ?
Diderot, Est-il bon? Est-il méchant?, éd. P. Frantz (FolioThéâtre)
S. A. Terlemez, Théâtre innommable de Samuel Beckett
Lu Jiuyuan et Zhu Xi, Une controverse lettrée - Correspondance philosophique sur le Taiji
Frédéric Bialecki (dir.), La culture générale par les films
J. Ruskin, La Nature du gothique
J.-Fr. Corpataux, Le Corps à l'oeuvre
Ch. Méla, Variations sur l'amour et le graal
Z. Hakim, Fictions déjouées
A. Vauchez, Prophètes et prophétisme
J. Maurel, La bête qui pense. V. Hugo, âne de génie
D. Berton-Charrière (dir.), Témoigner, de la Renaissance aux Lumières