

André CARPENTIER, Ruptures: genres de la nouvelle et du fantastique
Montréal, Le Quartanier (coll. "Erres")
2007, 192 p.
Description :
Les genres de la nouvelle et du fantastique partagent une esthétique de la rupture : rupture de continuité dans un cas, de raison dans l'autre. Le nouvelliste et le fantastiqueur, chacun à sa manière hanté par la dispersion et le mystère des signes du monde, ont en commun de dénier toute prétention à une totalité rassurante, qui leur apparaît comme l'avatar du faux, et de privilégier la réfutation féconde de la rupture.
La pratique nouvellière est ici envisagée comme reprise infinie du bref et comme névrose de discontinuité ; le nouvelliste s'y trouve en effet engagé dans un processus continûment interrompu et relancé, qui sera observé par référence à la rupture fragmentaire. Le fantastique, de son côté, à la source duquel figure moins la déraison que des ruptures de rationalité, trace la représentation d'un monde hétérogène, mi-partie réaliste et empreint d'étrangeté. Son énonciation, par disjonctions et hiatus, insinue des ruptures de logique et des perturbations de référents de réalité objective. C'est ainsi que le fantastique scandalise la raison. Ce motif de la rupture est examiné dans quelques corpus choisis, comme thème, mais surtout comme exigence de forme. Il est également considéré comme ferment d'une posture d'écrivain.
Le présent essai fusionne des pans d'une réflexion et d'une recherche qui, au long des années, ont évolué, chez André Carpentier, en parallèle de la production d'oeuvres nouvellières et fantastiques. Cela justifie que l'écriture y prenne ses coudées franches et alterne entre une certaine distance requise par la théorie et un «je » plus appropriatif, qui à l'occasion adopte le ton du témoignage. Un tel ouvrage postule donc qu'avec à peine de perspicacité, on extraira des généralités là où il y a cas d'espèce.
À propos de l'auteur :
André Carpentier a publié trois romans, quatre recueils de nouvelles, un journal sur la vie d'écrivain, ainsi qu'un récit de voyage au Tibet (Mendiant de l'infini, Boréal, 2002) et un récit résultant de trois années de flâneries en ruelles montréalaises (Ruelles, jours ouvrables, Boréal, 2005). Il enseigne dans le secteur Création du Département d'Études littéraires de l'UQAM. La nouvelle et le fantastique demeurent comme des pierres blanches sur son parcours d'écriture.
Verlaine, Romances sans paroles (éd. Arnaud Bernadet)
Sandrine Dubel et Alain Montandon (dir.), Mythes sacrificiels et ragoûts d'enfants
Jules Verne, Voyages extraordinaires (éd. J.-L. Steinmetz)
T. Karsenti, Le Mythe de Troie dans le théâtre français (1562-1715)
J. Verne, Les Enfants du capitaine Grant – Vingt mille lieues sous les mers
S. Courant, Approche anthropologique des écritures de voyage
M. Bandello, Novelle / Nouvelles III, 2e part., VI-XXXVIII
J. Pigeaud, Les Loges de Philostrate
L. Bolard, Le voyage et le séjour des peintres en Italie au XVIIe s.
J. N. Bremmer, La religion grecque (rééd.)
H. M. Enzensberger, Culture ou mise en condition ?
Diderot, Est-il bon? Est-il méchant?, éd. P. Frantz (FolioThéâtre)
S. A. Terlemez, Théâtre innommable de Samuel Beckett
Lu Jiuyuan et Zhu Xi, Une controverse lettrée - Correspondance philosophique sur le Taiji
Frédéric Bialecki (dir.), La culture générale par les films
J. Ruskin, La Nature du gothique
J.-Fr. Corpataux, Le Corps à l'oeuvre
Ch. Méla, Variations sur l'amour et le graal
A. Vauchez, Prophètes et prophétisme
J. Maurel, La bête qui pense. V. Hugo, âne de génie
D. Berton-Charrière (dir.), Témoigner, de la Renaissance aux Lumières